Les Etats-Unis suspendent l'importation des clémentines marocaines

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Un coup dur pour les exportations marocaines


PARASITE. La suspension, le 21 janvier 2016, de l’importation de la clémentine marocaine par les Etats-Unis pourrait avoir un impact durable sur la production locale.

Cette affaire de la clémentine  marocaine infectée par la  cératite pourrait laisser  des traces. Rappels des faits:  le 21 janvier 2016, les autorités  américaines annoncent la  suspension de l’importation de  clémentine marocaine. En cause,  une cargaison, récemment exportée  aux Etats-Unis, contenant des  larves vivantes de cératite. De quoi  s’agit-il? D’un insecte, également  connu sous le nom de “mouche  méditerranéenne des fruits”, qu’on  trouve généralement dans les pays  du bassin de la mer Méditerranée,  en Afrique, en Asie, en Amérique  latine et dans les Caraïbes. Il n’existe  pas aux Etats-Unis.


“La cératite constitue une barrière  au commerce international du  fait qu’elle est considérée comme  insecte de quarantaine pour les  principaux pays importateurs  des agrumes», nous explique  Mohammed Amal Rahel, chef de  la division de la protection des  végétaux à l’Office national de  sécurité sanitaire des produits  alimentaires (ONSSA), l’autorité  phytosanitaire marocaine. L’ONSSA  est entrée en jeu aussitôt l’annonce  de la suspension de l’importation de  la clémentine rendue officielle. Elle a entrepris une série d’investigations  au niveau des vergers de production,  de la station de conditionnement  et du port d’embarquement, qui,  nous déclare M. Rahel, n’ont rendu  compte d’aucune anomalie.


Un impact durable
Par ailleurs, elle a procédé à des  échanges, le jour même de l’annonce  de la suspension, avec l’APHIS. “Une  réunion de travail a été tenue avec les  professionnels du secteur agrumicole  afin d’arrêter les actions à prendre  pour lever cette suspension”, nous  révèle M. Rahel. Depuis, aucune  nouvelle contamination n’a été  constatée. Cela dit, beaucoup se  demandent si l’affaire ne pourrait  pas avoir d’impact durable sur  l’image de la clémentine marocaine  dans le monde.


Il est certain que si les Etats-Unis  ne lèvent pas leur suspension ce scénario semble à écarter,  pour l’heure- les conséquences  économiques seraient, à coup sûr,  dramatiques. Il s’agit, à hauteur  de 12%, du quatrième marché  d’exportation de la clémentine  marocaine, derrière la Russie  (45%), l’Union européenne (25%)  et le Canada (14%), d’après des  chiffres que nous avons réussi à  obtenir auprès de l’Association des  producteurs d’agrumes du Maroc  (ASPAM).


L’ONSSA met l’accent,  de son côté, sur ses efforts dans  la lutte contre la cératite, qui se  base, comme nous le détaille M.  Rahel, sur le piégeage et la lutte  chimique, mais aussi des méthodes  alternatives, biologiques, consistant  à lâcher des mâles stériles. “On peut  faire plus, certes, mais ce qu’on fait  déjà est très sérieux”, souligne un  producteur local.


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