Liquidation judiciaire de la SAMIR: les associés dans le collimateur

Cheikh Hussein El Amoudi, premier responsable de la faillite.

Les associés de la Samir sont visés par une procédure judiciaire qui entre dans le cadre de la liquidation de la société. On leur reproche, en effet, de nombreux faits graves, dont la distribution de dividendes fictifs, l’importation illégale de pétrole et la tenue d’une comptabilité irrégulière.

C’est un tournant judiciaire dans lequel est entrée l’affaire de la société Samir. Alors que certains collectifs de la société civile appellent de leurs voeux à sauver cette raffinerie, qui constitue un véritable pilier pour l’industrie pétrolière du pays, la liquidation judiciaire de la société est retenue définitivement par la cour de cassation comme la solution à cette affaire. Fait nouveau: cette liquidation sera probablement étendue aux associés et certains dirigeants de la société. Mais, la décision du juge sera connue le 5 novembre 2018. Traitée à la cour d’appel de commerce de Casablanca, l’affaire la Samir est considérée comme l’un des plus gros dossiers économiques entre les mains de la justice.

La demande d’extension de la liquidation judiciaire aux dirigeants a été introduite par les avocats de la défense des banques et des salariés sur la base du rapport de l’ancien syndic judiciaire de la Samir, Mohamed El Krimi. Dans ce rapport, pour le moins accablant, de nombreuses irrégularités graves sont reprochées aux associés, dont la distribution de dividendes fictifs, l’importation illégale de pétrole et la tenue d’une comptabilité irrégulière.

Conséquences sociales
Sont menacés par cette procédure judiciaire tous les membres du conseil d’administration de la Samir, à leur tête son président, le richissime homme d’affaire saoudo-éthiopien Cheikh Mohamed Hussein El Amoudi. Désigné comme le premier responsable du fiasco de la Samir, Cheikh El Amoudi a refusé le sauvetage de la société, préférant la laisser mourir avec toutes les conséquences sociales que l’on connaît. Parmi les autres mis en cause, on parle aussi de l’ancien directeur général de la société, Jamal Ba Amer, qui a dirigé la Samir pendant dix ans, de 2005 à 2015, année à laquelle la Société a cessé son activité. Homme de confiance de Cheikh El Amoudi, Jamal Ba Amer a longtemps été l’homme fort de la société avec un système de gouvernance qui dégageait souvent des pertes financières.

Deux associés marocains peuvent être inquiétés par la procédure judiciaire: il s’agit du président du groupe Holmarcom, Mohamed Hassan Bensalah, et Mustapha Amhal, actuel président de la Fédération des chambres marocaines de commerce et d’industrie. Des sociétés et autres filiales de la Samir sont aussi concernées par la procédure de liquidation. Parmi elles: Salam Gaz et la société hôtelière Samir. Les rapports du syndic et du juge-commissaire ont établi des transferts d’actifs, des rachats d’actions et autres flux financiers anormaux entre la raffinerie et ces entités.

Mais, au-delà de ce rebondissement dans l’affaire, les juristes se posent la question sur comment sera exécutée cette liquidation judiciaire contre les biens de ces associés sachant que le principal d’entre eux, Cheikh Hussein El Amoudi, détient tous ses avoirs à l’étranger. Pour beaucoup, l’affaire risque encore de trainer alors que les partenaires de la société, au premier rang desquels les banques et les salariés, attendent impatiemment de se faire rembourser.

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