L'union africaine : Mohammed V, le père fondateur

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Victime d’une partition sans  autre forme de procès en  1885 dans la capitale de l’Empire  allemand de l’époque,  Berlin, l’Afrique rêve à l’heure des premières  indépendances, au lendemain  de la Seconde Guerre mondiale (1939-  1945), de s’émanciper dans le cadre  d’une intégration politique large et totale.  C’est dans cet ambitieux contexte  qu’au tournant des années 1950, l’idée  d’une unité africaine prend naissance.  Elle est portée par de grands dirigeants  du moment. À leur tête Mohammed  V, militant de la première heure d’une  Afrique émancipée, accompagné par  d’autres grandes figures: le Kényan  Kwame Nkrumah, l’Egyptien Gamal Abdel  Nasser, le Guinéen Ahmed Sékou  Touré, ou le Malien Modibo Keita. Autour  du Roi du Maroc, ces personalités  se réunissent dans la ville de Casablanca,  le 4 janvier 1961.


C’est la date officielle de la signature  de la fameuse “Charte africaine”. Elle  donnera lieu quelque deux années  plus tard, en 1963, à l’Organisation de  l’unité africaine (OUA), qui compte dès  lors 32 pays, à qui viendront s’ajouter  par la suite 21 autres Etats. Tout au  long de son Histoire, l’OUA connaît un  large débat autour de son utilité, car si  ses pères fondateurs rêvaient, à travers  elle, d’une construction à l’européenne,  la réalité du terrain, due principalement  à la fragilité des gouvernements en  place et des Etats, quasiment factices,  post-indépendants, conduit peu à peu  les espérances du début à se muer en  cauchemar vivant.


Un changement nécessaire
Ainsi, un pays comme la Somalie ne  contrôle plus pratiquement, depuis  1991, une large portion de son territoire,  sans compter l’importante légion  de “mouvements de libération” faisant  florès ici et là. Au surplus, l’OUA  se confond dans des considérations  idéologiques qui, au lieu de permettre  d’atteindre des résultats in situ, comme  d’aucuns pouvaient peut-être sincèrement  le croire, ne font en pratique  que davantage compliquer la donne.  L’évidence est qu’un changement était  nécessaire, d’où la transfiguration de  2002, donnant naissance à l’Union africaine  (UA).


Siégeant dans la capitale de l’Ethiopie,  Addis-Abeba, à l’instar de son ancêtre,  elle a, dans une certaine mesure, permis  au plan institutionnel d’effectuer  certaines avancées encourageantes eu  égard au passé récent de l’organisation.  A titre d’illustration, on peut notamment  citer la création, en 2013, de forces  d’intervention entièrement dédiées au  maintien de la paix dans le continent.  Mais il n’en demeure pas moins qu’il  reste, évidemment, tant à faire et réaliser,  de sorte à achever véritablement  le long chemin inauguré plus d’un demi-  siècle plus tôt à Casablanca


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