Lutte contre les chiens errants: Le gouvernement met le paquet

60 millions de dirhams alloués annuellement pour la lutte contre les chiens errants et autres opérations de dératisation, désinsectisation et désinfection.

Le gouvernement marocain prévoit, chaque année, un budget de 60 millions de dirhams pour lutter contre les chiens errants et autres nuisibles. Cependant, ce phénomène persiste et les autorités pourraient changer leur fusil d’épaule.

Chaque année, plus de 140.000 chiens errants sont capturés par les autorités alors que 65.000 personnes sont vaccinées contre la rage. Des chiffres relativement faibles lorsque l’on sait qu’au minimum, ils sont deux millions au Maroc selon les chiffres de la chaîne télé 2M. Depuis des années, les chiens attrapés étaient, pour la plupart, tués soit par balle soit par différents poisons dans un but sanitaire, expliquaient les autorités compétentes. Les inconvénients des abattages sont connus: pollution de l’environnement par les appâts à la strychnine, par les cadavres de chiens, empoisonnement accidentel de chiens de propriétaires ou encore la cruauté extrême de la méthode. Le principal défaut de cette méthode c’est qu’elle est totalement inefficace. Les études de l’OMS ont démontré qu’un tout petit nombre de chiennes rescapées suffisent pour reconstituer dans de brefs délais une population de chiens errants. Mais cela pourrait changer rapidement si l’on se réfère à la présentation du budget du ministère de l’Intérieur. Ainsi, 60 millions de dirhams ont été budgétisés, chaque année, pour la lutte contre les nuisibles, que ce soit les chiens errants, les rats ou les cafards.

Changement judicieux
Cette année, les autorités comptent combattre ce phénomène autrement, d’une manière plus humaine. Les chiens errants ne seront désormais plus systématiquement tués. Il faut dire que plusieurs polémiques ont fait rage ces dernières semaines. Le week-end dernier, un groupe de villageois de la province de Sidi Ifni a organisé, en coordination avec les autorités locales, une vaste campagne visant l’éloignement des chiens de la région. Cette campagne a abouti à l’élimination de 80 chiens de Tiougra, et d’Aït Aaz, mardi 12 novembre 2019. Une opération perçue par les défenseurs des droits des animaux comme une attitude inhumaine et même un génocide et ont appelé à trouver d’autres solutions permettant de limiter leur nombre au Maroc.

Les autorités réfléchissent donc aux différents mécanismes pour régler le problème. Elles pourraient opter pour l’adoption de l’alternative TNR en anglais TrapNeuter Release qui signifie Attraper, Stériliser, Relâcher. Pratiquée dans plusieurs pays en développement, cette méthode, recommandée par l’OMS, a permis en quelques années de réduire le nombre d’attaques et de supprimer totalement les cas de rage humaine. En même temps qu’ils sont stérilisés, les chiens sont vaccinés, soignés et déparasités. Relâchés très rapidement sur leur territoire à l’endroit exact où ils ont été capturés, ils le réoccupent. Ainsi, le chien qui a subi la méthode TNR défend son territoire contre tout chien extérieur susceptible de transmettre la rage.

Selon Abdelilah El Attar, vice-président du Conseil municipal de Mohammadia, ville particulièrement touchée par ce phénomène, cette stratégie permettra également «de les identifier à l’aide d’une puce à l’oreille». Si la méthode TNR est coûteuse, elle reste tout de même la seule solution possible pour protéger la santé publique, au-delà des légitimes préoccupations humanistes de protection animale.


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