Manque de confiance entre les opérateurs économiques

LES DÉLAIS DE PAIEMENT S’ALLONGENT ENCORE AU MAROC

Faisant partie des principaux critères d’appréciation des performances d’une économie, le degré de confiance que les acteurs économiques marocains accordent aux délais de paiement diminue tellement les retards s’accumulent.

L’économie marocaine est morose. Non seulement la croissance créatrice d’emplois n’est pas au rendez-vous depuis plusieurs années, mais la confiance au sein du marché marocain est au plus bas. Cela est dû aux délais de paiement qui demeurent longs au Maroc, traduisant fidèlement le faible dynamisme de l’économie. Aujourd’hui, les délais se situent en moyenne à 180 jours (en France, la moyenne des retards est de 11 jours). Une étude réalisée par la société spécialisée Inforisk montre sans la moins ombre de doute que les délais de paiement au Maroc restent toujours longs en dépit de leur stabilisation. En effet, les retards de paiement varient selon ce rapport de 120 jours à 300 jours selon la taille de l’entreprise: 9,9 mois pour les TPE, 5,1 mois pour les PME, et 3,4 mois pour les grandes entreprises.

Défaillances d’entreprises
La faible croissance économique, estimée à seulement 2% au premier semestre, et la hausse des délais de paiement ont contribué à une recrudescence des défaillances d’entreprises, qui ont augmenté de 7% cette année, avance Euler Hermès dans son dernier bulletin des risques à l’export. En janvier, l’assureur-crédit tablait encore sur une hausse de 4%, après un recul de 3% en 2018. L’assureur-crédit à l’export rappelle que les délais de paiement avaient augmenté de 3 à 84 jours en 2018. Dans la même lignée, l’assureur-crédit souligne que la croissance du PIB au deuxième trimestre 2019 s’est élevée à 2,5%, soit son plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 2016. La production agricole, très déterminante dans la croissance, a été affectée par la baisse des cultures de 2,8% au deuxième trimestre. Sur la même période, la production non agricole s’est améliorée de 3,3%, tirée essentiellement par l’accélération de la production d’eau et d’électricité de 20,9%. Aujourd’hui, ce sont surtout les dettes inter- entreprises qui pèsent et qui menacent l’existence même des entreprises.

Car après de nombreux efforts, le délai de paiement dans le secteur public est actuellement de 39 jours, contre 146 jours en 2016. Les efforts déployés depuis 2018 ont donné des résultats probants tant pour l’administration centrale que pour les collectivités territoriales et les EEP, soutient l’hebdomadaire La Vie Eco, qui indique, en exclusivité, que les 82 établissements publics qui font le gros de la commande règlent aujourd’hui leurs fournisseurs à 55,9 jours en moyenne. De ce manque de confiance qui règne entre les opérateurs économiques pâtit l’économie marocaine, dont le dynamisme fléchit d’année en année.


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