Le Maroc, 3ème producteur mondial de la rose à parfum

Un trésor qui s'exporte encore mal

Pour cette campagne 2019, la production de la rose est estimée à 3.900 tonnes. Un niveau peu satisfaisant pour une filière qui aspire à atteindre la taille critique, mais surtout pour un pays bien classé mondialement pour sa production importante.

C’est un secret de polichinelle, le Maroc est l’un des plus gros producteurs et exportateurs de la rose dans le monde. Un marché considéré comme dynamique et porteur malgré le manque de moyens dont pourraient souffrir les producteurs de ce sésame agro-industriel couru par les plus grandes maisons internationales de production de parfums. Pour mettre en valeur ce marché aux potentialités extraordinaires, le Maroc organise le festival international de la rose à parfum, qui a eu lieu à Kelaât M’gouna, du 24 au 28 avril 2019. Un festival qui offre aux coopératives l’opportunité de mettre en exergue leurs réalisations dans le domaine de la promotion et de la valorisation des produits de terroir. Ainsi, des centaines de coopératives issues de la région d’Agadir et d’autres régions du Royaume participent à ce festival. Ouvert sur le monde et abritant des activités culturelles diverses, le festival constitue assurément une occasion pour valoriser les produits de terroir exposés.

Patrimoine culturel
Ces coopératives, qui constituent des cellules sociales, créent des postes d’emploi pour les femmes, à l’instar de la coopérative agricole Roseco, créée en 2017 et spécialisée dans la distillation de la rose à parfum de la région, réputée pour sa qualité au niveau national. Son fondateur et président, Mohamed Hafid, indique que la distillation de la rose à parfum est considérée parmi les pratiques anciennes à Kelaât M’Gouna, relevant dans ce cadre que la coopérative veut préserver ce patrimoine culturel en le développant par l’introduction de nouvelles techniques de nature à augmenter la production.

Il estime, par ailleurs, que la distillation de façon traditionnelle reste dominante chez les familles, appelant à accorder une attention particulière au développement des techniques de distillation afin de faire de ce produit une locomotive de développement de la région. Mais, au-delà de son caractère social et régional, le marché de la rose reste l’un des plus importants au Maroc.
Selon des données officielles du ministère de l’Agriculture, la superficie plantée en roses au Maroc est de 880 hectares. La production de roses affiche une moyenne de 3.200 tonnes de roses fraîches par an, ce qui place le Maroc au 3ème rang parmi les producteurs mondiaux de la rose à parfum après la Bulgarie et la Turquie.

Valorisation et professionnalisation
Pour cette campagne, la production de la rose est estimée à 3.900 tonnes. Un volume important appelé à augmenter avec l’introduction de nouvelles techniques de plantation et de distillation. Quant aux exportations, elles ont atteint une moyenne de 10 millions de dirhams sur les 3 dernières années pour un volume moyen de 63 tonnes. C’est encore faible pour un pays classé mondialement pour sa production importante. Mais, grâce aux efforts de valorisation et de professionnalisation de la filière, le prix de la rose à parfum a connu une augmentation spectaculaire ces dernières années, passant de 7 dirhams le kilo avant le Plan Maroc Vert à 25 dirhams le kilo en 2018. Un rebond tarifaire et qualitatif obtenu grâce à une nouvelle politique visant à faire émerger une filière performante et compétitive. Pour les spécialistes, cette augmentation est soutenue par l’organisation des producteurs au sein des coopératives et des groupements d’intérêt économique, ce qui a renforcé leur pouvoir de négociation ainsi que par une forte demande sur la rose sèche et les boutons floraux, qui constituent une alternative pour la valorisation de la rose.

Une forte demande
A cela s’ajoute la forte demande sur la rose fraîche en raison de la mise en place d’une troisième unité de transformation de la rose et la dotation des coopératives des unités de distillation dans le cadre du Plan Maroc Vert. Les investissements publics pour le développement de la filière de la rose ont atteint 65 millions de dirhams sur la période 2008-2018 et ont principalement concerné l’irrigation, la mise en place d’unités de valorisation et d’une Maison de la rose. Aujourd’hui, pour renforcer la caractère industriel du marché, le Maroc dispose de trois grandes unités industrielles de transformation en plus de 18 unités à caractère artisanal, dont 15 distilleries à Drâa-Tafilalet, distribuées dans le cadre du Projet de la Rose qui s’inscrit dans le Plan régional agricole. Les quantités transformées industriellement sont estimées à plus de 1.000 tonnes de roses fraîches. Par ailleurs, sur le plan socioéconomique, la filière procure un revenu important aux agriculteurs et assure aujourd’hui près de 400.000 journées de travail. Ce qui veut dire que le marché de la rose, malgré ses difficultés à s’exporter, est appelé à gagner en importance dans les années à venir, en raison de la forte demande internationale exprimée sur ce produit à très forte valeur cosmétique.


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