Bon an mal an, le Maroc continue d'importer du blé

Une autosuffisance difficile à atteindre

Le Maroc diversifie ses fournisseurs en blé pour assurer sa sécurité alimentaire. La hausse des cours internationaux des céréales va impacter les réserves en devises.

Après une campagne céréalière moins que moyenne, le Maroc vit un début de saison agricole 2019-2020 porteur de toutes les inquiétudes eu égard, notamment, à la faible pluviométrie. Les retards des pluies compromettent les calculs des agriculteurs et ceux des économistes, dans un pays où l'agriculture pèse lourdement sur les indicateurs économiques et où la céréaliculture et les terres «bour» occupent plus de 75% de la surface agricole utile. Sauf dans certaines parties du Gharb, la plupart des agriculteurs des autres régions céréalières -la Chaouia, qui est le grenier du pays, Doukkala et Saiss, attendent la «baraka» du ciel pour semer leurs terres.

Bon an mal an, et malgré toutes les réalisations du Plan Maroc Vert (mécanisation, irrigation...), le pays doit importer des céréales, notamment le blé, pour combler ses besoins. Après les problèmes de production qu’a connus la France ces dernières années, premier producteur et exportateur européen de blé, dont la récolte a été négativement impactée par les intempéries, le Maroc a commencé à chercher de nouveaux fournisseurs.

Une conjoncture morose
L'Ukraine est devenue le quatrième fournisseur de céréales du Maroc derrière la France, le Canada et les Etats-Unis. Ainsi, les professionnels de la FNCL (Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses) ont reçu, dans la première semaine de novembre 2019 à Casablanca, l’Association ukrainienne des céréales dans le but de parler du renforcement de la sécurité d’approvisionnement du Royaume.

L’Ukraine fournit des produits céréaliers et dérivés au Maroc tels que l’orge, le blé tendre, le blé tendre fourrager, entre autres. Les exportations ukrainiennes ont augmenté de 3% lors de la campagne 2018-2019 par rapport à l’année précédente, soit 1,41 sur un total de 7,77 millions de tonnes. Mieux, les exportations ukrainiennes de céréales et dérivés vers le Maroc pourraient s’inscrire dans une tendance haussière dans les années à venir. Un rempart contre le désistement de certains partenaires traditionnels.

Pour rappel, la production céréalière de la campagne 2018-2019 avait été en baisse de 49% par rapport à la saison dernière. Elle a atteint 50 millions de quintaux, en deçà même des prévisions du ministère de l’Agriculture, qui tablait sur 61 millions de quintaux.

L’Ukraine produit actuellement près de 100 millions de tonnes de céréales et produits dérivés, dont 59 millions de tonnes vont vers l’export. Une importation conséquente en céréales, et notamment en blé, en cette conjoncture économique actuelle morose, aurait des conséquences néfastes sur les équilibres macro-économiques et la balance des paiements. Actuellement, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, les cours du blé repartent à la hausse suite aux intempéries ayant frappé la France et les problèmes de production persistants en Australie et en Argentine dus à la sécheresse.


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