Le Maroc droit dans ses bottes

Le Sahara marocain devant la commission spéciale des 24 de l’ONU

Pour le représentant du Maroc à l’ONU, l’initiative marocaine d’autonomie élargie est l’incarnation de la solution politique, durable et de compromis, consacrée par le Conseil de sécurité.

“Le Maroc restera dans son Sahara”: quasiment devenue, depuis que le roi Mohammed VI l’a prononcée dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2014, une devise, cette petite phrase résume la position des autorités marocaines quant au règlement de la question des provinces méridionales du Royaume anciennement colonisées par l’Espagne. En d’autres termes, que la junte au pouvoir en Algérie depuis la fameuse crise de l’été 1962 ne s’attende pas à ce que le Maroc renonce à une partie de son territoire historique, avec lequel des liens juridiques d’allégeance furent reconnus par la propre Cour internationale de justice de La Haye en décembre 1974.

Le représentant permanent du Royaume à l’Organisation des Nations unies (ONU), Omar Hilale, a ainsi rappelé, lors de son intervention ce lundi 17 juin 2018 au Comité spécial de la décolonisation, qu’il n’y avait d’autre solution politique au conflit du Sahara marocain en dehors de la souveraineté du Maroc, de son intégrité territoriale et de son unité nationale sur la base de l’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie, soumise à la discrétion du Conseil de sécurité le 11 avril 2007 et qualifiée par ce dernier dans ses quinze dernières résolutions afférentes audit conflit de «sérieuse» et «crédible».

«Cette initiative est l’incarnation de la solution politique, réaliste, pragmatique, durable et de compromis, consacrée par le Conseil de sécurité», a-t-il déclaré. Si le Maroc a ainsi pris sur lui, par la voix de M. Hilale, de remettre sur la table du Comité spécial de la décolonisation le cadre de négociations fixé par lui et sur la base duquel il a accepté de s’asseoir avec l’Algérie en Suisse en décembre 2018 et mars 2019, c’est qu’il fait face depuis plusieurs années à des tentatives de plus en plus insistantes d’atteinte à son intégrité territoriale.

On a à cet égard vu, à partir de juillet 2014 et ce sous les auspices du régime algérien, l’Union africaine (UA) essayer de se saisir du dossier en désignant l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano en tant qu’envoyé au Sahara marocain, alors que la seule partie habilitée à prendre de telles initiatives est l’ONU: ceci n’avait pas manqué au passage de précipiter, après près de 23 ans d’absence, le retour du Maroc dans les instances continentales, afin de ne pas laisser la voie libre à la seule voisine de l’Est. Mais même au sein de l’ONU, le Royaume avait trouvé en l’ancien secrétaire général de l’organisation, Ban Ki-moon, et en son émissaire américain Christopher Ross, par ailleurs ambassadeur des États-Unis en Algérie à la fin des années 1980, des figures partiales ayant une interprétation biaisée du conflit saharien: en visite, en mars 2016, dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, la plus haute autorité onusienne de l’époque s’était rendu coupable de déclarations qualifiant la présence du Maroc dans son Sahara d’«occupation»; ce qui lui avait valu une réaction au vitriol des autorités marocaines et une mise à l’amende, en coulisses, de la part de nombreuses grandes puissances.

Avec Antonio Guterres, devenu secrétaire général de l’ONU en janvier 2017, la situation a toutefois changé, bien que l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et ancien président allemand, Horst Köhler, qu’il avait nommé en tant que représentant en août de la même année avant que ce dernier ne se rétracte le 22 mai 2019 pour des raisons de santé, ait fait montre de méconnaissance du dossier en sollicitant différentes parties sans rapport avec lui (telles l’UA, citée plus haut, ou encore le gouvernement suédois).

Le diplomate allemand avait toutefois, de son propre aveu, mis de l’eau dans son vin après la visite qu’il avait effectuée au début de l’été 2018 au Sahara marocain, en avouant avoir «approfondi sa compréhension». Reste au Comité spécial de la décolonisation à faire de même.


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