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Le Maroc et le lobby Juif

La communauté juive marocaine dans le monde suit ce qui se passe dans le Royaume, défend son unité et fait justice de la propagande hostile entretenue à l’endroit de son intégrité territoriale.

Parce qu’ils ont un statut historique et culturel au Maroc, les juifs ont une partie de leur communauté expatriée par suite d’un agenda lié aux circonstances particulières de la création de l’Etat d’Israël en 1948 puis de l’accession du Royaume à l’indépendance en 1956 sans oublier la guerre de juin 1967. C’est une «diaspora» implantée sous de multiples latitudes, surtout Israël -le retour, «L’aliyah»- mais aussi la France, les Etats- Unis, le Canada et d’autres contrées.

Quels liens cette communauté a-t-elle gardés avec son pays d’origine? Ténus, bien sûr. Culturels, identitaires, c’est une partie d’elle-même qui s’est retrouvée sur d’autres rivages mais aussi une autre partie qui est toujours restée de ce côté-ci de la Méditerranée ou de l’Atlantique. La judéité comme part d’une personnalité marocaine composite ne se perd pas. Et l’histoire des décennies passées en atteste à l’envi.

C’est d’abord l’attachement au Maroc, à ses odeurs et à ses senteurs, à la conviviabilité de ses habitants, à son soleil, à son mode de vie, à ses traditions qui est sans doute le trait le plus marquant de cette fibre. Une flamme jamais éteinte portée hors des frontières et qui renaît sans cesse de ses cendres. Un lien affectif mais également de nature organique, pourrait-on dire. Les juifs marocains ne se désintéressent pas du Maroc, de sa situation, de son destin. Même ceux de la deuxième et de la troisième générations baignent, familialement, dans cet univers-là, où les souvenirs se conjuguent avec des états d’âme empreints -parfois, souvent?- de notes de nostalgie, Hassan II l’a dit un jour: «Chaque juif marocain est un ambassadeur du Royaume...» En Israël, où vit aujourd’hui une communauté marocaine sépharade de plus de 800.000 personnes, le lien reste vivace avec le pays d’origine, le leur ou celui de leurs parents ou grands-parents. Le Maroc est -et reste- pour cette communauté I’«alma mater», la patrie originelle, la terre des ancêtres. Elle suit ce qui se passe au Maroc, défend son unité et fait justice de la propagande hostile entretenue à l’endroit de son unité nationale et de son intégrité territoriale. Elle mesure où est l’adversité et ses relais. Ailleurs, dans le monde, il faut souligner la place et le rôle de la dispora juive marocaine. Aux Etats- Unis, cette communauté sépharade a de l’influence. Elle est organisée autour de lobbies qui, dans ces pays, ont un statut reconnu, légal et légitime.

Elle est majoritairement démocrate, avec ses relais au sein du Congrès mais également dans les médias. Dans les années quatre-vingts, le Roi Hassan II avait ainsi fait dépêcher une délégation Outre-Atlantique avec ce mot d’ordre: «Vous avez rendez-vous après-demain avec le Grand Rabbin de New York, Menachem Mendel Schneerson». Ils ont eu droit sur place à des rencontres avec les grands médias américains... La cause nationale du Sahara était au centre des entretiens.

Les contacts ont été entretenus avec le Nouveau Règne. En janvier 2019, une délégation du Republican Jewish Coalition (RJC) a été reçue par Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères. D’autres visites avaient eu lieu les précédentes années, en particulier celles de l’American Jewish Committee (AJC), dont les membres avaient été reçus en mars 2015 par Abdelilah Benkirane, alors Chef du gouvernement. Il faut y ajouter le rôle de la Communauté juive de Toronto ou celui des Fédérations juives d’Amérique du Nord, fortes de 153 missions et de 300 représentations. En Europe, le lobby juif se distingue pour ce qui est des rapports avec le Maroc par des carnets d’adresses plus personnels -hommes politiques, élus, journalistes.

Il n’y a pas à proprement parler un lobby juif structuré, favorable au Maroc, mais un ensemble d’affinités, d’empathies et d’affects qui font que le Royaume bénéficie de l’image la plus favorable du Maghreb, d’Afrique du Nord et du monde arabe. L’islam modéré, tolérant et le primat donné au dialogue des cultures et des religions ne fait que conforter cet état d’esprit. Le leadership personnel et moral de S.M. le Roi Mohammed VI consolide cette perception. Les réformes en chantier et les avancées enregistrées font le reste. Le Maroc tel qu’en lui-même, finalement.


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