Le Maroc rapatrie ses ressortissants Jihadistes

Y a-t-il un risque sécuritaire pour le pays ?

Huit jihadistes marocains ont été rapatriés, mi-mars 2019, par les autorités marocaines. Un geste humanitaire salué par les Etats-Unis qui appellent ses alliés à suivre la voie du Maroc, pour rapatrier, entre autres, les femmes et les enfants.

Par ces temps difficiles, marqués tout particulièrement par des crises économiques et sociales asphyxiantes, les pays concernés par le terrorisme refusent, désormais, de rapatrier leurs ressortissants jihadistes. Mais, outre les raisons économiques, ces pays avancent aussi l’argument de la menace sécuritaire que pourraient constituer ces jihadistes pour leur stabilité.

S’inscrivant dans une démarche plutôt humaniste et radicalement opposée à plusieurs pays autrement plus puissants tels la France, le Maroc a choisi de rapatrier ses ressortissants, anciens combattants de Daech en Syrie et en Irak. Ainsi, dernière opération en date: huit jihadistes marocains ont été rapatriés, vers mi-mars 2019. C’est le ministère de l’Intérieur qui a annoncé officiellement cette opération, en l’expliquant par un devoir national de s’acquitter de la responsabilité de protection des nationaux et ainsi contribuer aux efforts internationaux de lutte contre le terrorisme.

A vrai dire, cette opération de rapatriement a permis aux Marocains de retourner dans leur pays d’origine en toute sécurité, mais le ministère de l’Intérieur précise qu’ils feront tout de même l’objet d’enquêtes judiciaires pour leur implication dans les faits liés au terrorisme sous la supervision du parquet compétent. En réaction à son geste humanitaire, la communauté internationale salue unanimement la politique marocaine envers les jihadistes. C’est le cas, notamment, des Etats-Unis qui, par la voie du porte-parole adjoint du département d’Etat, Roberto Palladino, indique que «les actions du Maroc doivent encourager d’autres pays à rapatrier et poursuivre en justice leurs ressortissants qui ont voyagé pour combatte aux côtés de Daech».

Le côté humanitaire salué
Ce haut responsable de l’administration américaine va jusqu’à qualifier le Maroc de partenaire compétent au sein de la coalition mondiale anti-Daech, déclarant apprécier son engagement en matière anti-terroriste. Pour lui, le rapatriement de combattants terroristes étrangers dans leur pays d’origine est la meilleure solution pour les empêcher de retourner au champ de bataille.

Beaucoup a été dit sur ces jihadistes marocains partis clandestinement pour combattre dans les rangs de Daech. Originaires essentiellement du Nord du Maroc, mais aussi de Casablanca, ces jihadistes sont estimés, selon un dernier comptage révélé par le patron du Bureau central des investigations judiciaires, Abdelhak El Khiame, à 2.300 Marocains. 1.500 d’entre eux se sont installés en Syrie et avaient rejoint non seulement Daech mais d’autres groupes terroristes régionaux tels Harakat Cham Al Islam ou encore Jabhat Al Nosra.

Si le côté humanitaire a été salué par la communauté internationale, il n’en demeure pas moins que l’aspect sécuritaire est devenu un véritable problème pour le Maroc. D’où la mise en place par les services sécuritaires d’une stratégie de neutralisation de ces anciens combattants au profil inquiétant car aguerris aux armes et aux techniques d’attentats terroristes. C’est ainsi qu’une grande vigilance est de mise pour les autorités, au risque, parfois, de plonger le pays dans l’insécurité.


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