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La maternelle, un luxe inaccessible

Les premières marches du processus scolaire

L’ÉCOLE PUBLIQUE SEMBLE DÉFINITIVEMENT PROMISE À UNE MÉDIOCRITÉ FATALE.

Il y a des vérités venues d’ailleurs qui nous révèlent à nous-mêmes, s’il en était besoin. Et c’est d’autant plus difficile à admettre lorsqu’il s’agit d’un service social déterminant pour tout le reste. Il est effectivement question encore et toujours du secteur de l’enseignement. Tout a été dit à ce sujet depuis des lustres. C’est à se demander ce qu’une session parlementaire, du haut de ses deux chambres réunies pour la circonstance, tenue le 1er avril 2019, pourrait apporter de nouveau sur le sujet. L’enseignement, depuis longtemps relégué au rayon des causes désespérées, pouvait-il encore susciter des empoignades parlementaires? Évidemment que non; ce sont encore des calculs politiciens et de la démagogie à l’état pur.

Au même moment, comme si la coïncidence totalement fortuite était malgré tout possible en politique; un texte de la chaîne France 24 nous mettait à jour au sujet de l’enseignement. La scolarité obligatoire, nous informe-t-on, va être abaissée à trois ans d’âge, en France, à partir de la rentrée scolaire 2019-2020. L’obligation de six ans est donc caduque. L’annonce a été faite lors des assises nationales de l’école maternelle ouvertes le 27 mars 2019. Elle a été relayée par l’Elysée. C’est dire que l’événement est d’une importance telle qu’il a été suivi de près par les instances de l’administration et de l’État.

De plus, cette prise en charge est purement symbolique, car près de 88% des enfants sont déjà scolarisés à cet âge. La communication en question s’adresse donc aux 12% restants. Pour résorber ce léger décalage, il ne sera pas possible à une école élémentaire, publique ou privée, de fonctionner sans être en règle avec les nouvelles mesures sur l’âge de la scolarisation. Cet intérêt politique, bien appuyé par le législateur, démontre toute la place de l’école maternelle dans le processus scolaire. Le principe d’égalité des chances pour tous les enfants quelle que soit leur extraction sociale, cher à Jules Ferry, fondateur de l’école moderne, ne pouvait trouver mieux pour sa traduction dans la réalité.

Qu’en est-il chez nous, alors que le dossier de la réforme de l’école est entre les mains du pouvoir législatif? Où en sommes-nous par rapport à une certitude universellement admise pour laquelle la réussite scolaire passe obligatoirement par l’épanouissement de l’enfant à l’école maternelle? On nous dit que la scolarisation de trois à six ans sera intégrée dans un enseignement primaire doté de classes maternelles. Comme d’habitude, la réalité est tout autre. Au Maroc, l’école maternelle est un luxe. Les tarifs sont littéralement prohibitifs. Ils avoisinent le smig dans certains établissements privés. Quant à l’école publique, elle semble définitivement condamnée à une médiocrité programmée. Au commencement de la tendre enfance et de la prime jeunesse, était la maternelle; à savoir les premières marches dans l’école de la vie. Une donnée immuable que nos décideurs politiques finiront bien par mettre en oeuvre, pas seulement pour leur progéniture; mais aussi pour les autres


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