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Les médecins du privé fraudent-ils le fisc ?

Zouhaïr Chorfi suscite la polémique

Lors des dernières Assises nationales de la fiscalité, l’ancien patron de la Douane a violemment critiqué les cliniques et les médecins du secteur privé. La réaction de ces derniers ne s’est pas fait attendre.

Le coup de gueule du secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, lors de la deuxième journée des Assises nationales de la fiscalité, qui ont eu lieu, vendredi 3 et samedi 4 mai 2019, à Skhirat, a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Alors qu’il se trouvait dans l’assistance, l’ancien directeur général de la Douane et des Impôts indirects a pris la parole pour réagir à l’intervention d’un représentant de l’Association des cliniques privées. «Certaines interventions que j’ai entendues m’ont choqué. Je ne veux pas attaquer une profession, mais aujourd’hui, les données sont connues profession par profession. Nous ne sommes pas dans des minorations des valeurs de 10% ou de 20%. Personne n’aime payer l’impôt. Que les gens minorent leur déclaration de revenus de 20%, ce n’est pas grave, mais qu’ils les minorent de 90%, là, j’ai un problème», a-t-il fustigé.

Un tollé général
Le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances pousse la critique plus loin en citant les pratiques financières soupçonnées des cliniques privées. «Quand je vais dans une clinique et qu’on me dit qu’on n’accepte pas le chèque, mais qu’est-ce que cela veut dire? Il faut que ça cesse! La corruption, ça suffit! Le noir, ça suffit!», s’indigne-t-il, sous les applaudissements de la salle.

À la fin de son intervention, le haut fonctionnaire pointe du doigt le rôle des associations professionnelles et des ordres qui doivent, à son avis, rappeler à l’ordre leurs adhérents en cas de manquements à certaines obligations citoyennes, notamment payer leurs impôts.

Deux jours seulement après cette intervention musclée contre les cliniques privées et les médecins du secteur privé, les syndicats sont montés au créneau pour dénoncer, dans un communiqué rendu public le lundi 6 mai 2019, une dérive verbale irresponsable de la part d’un haut commis de l’Etat. «La profession médicale a été dénigrée et stigmatisée comme rarement auparavant à ce niveau de responsabilité étatique», lit-on, en effet, dans le communiqué. Cette sortie fracassante du secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances a suscité un tollé général dans l’ensemble des corps de métier de la profession médicale.

C’est pour cela que les syndicats représentatifs des médecins privés ont annoncé dans le même communiqué des mesures réactives à prendre. Outre la plainte judiciaire préparée par l’Association nationale des médecins privés contre Zouhaïr Chorfi, les syndicats projettent d’organiser une grève générale dans le secteur de la médecine privée. Les mêmes syndicats annoncent également prendre attache avec des parlementaires pour soulever cette affaire dans l’enceinte de l’hémicycle et interpeller ainsi le ministre de l’Économie et des Finances sur les propos de son secrétaire général.

Le moins que l’on puisse dire est que cette affaire vient empoisonner le climat de confiance auquel a appelé de tous ses voeux le directeur général des Impôts, Omar Faraj, lors de son allocution pendant les assises de la fiscalité. Lequel climat de confiance doit régner entre l’administration fiscale et le contribuable, sans quoi les Assises nationales de la fiscalité et la réforme fiscale que prépare le gouvernement n’auront servi absolument à rien.


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