La Medina de Fès retrouve son lustre d'antan

VISITE DANS LA CAPITALE SPIRITUELLE

Le Conseil Régional du Tourisme de Fès a convié la presse nationale, du 1er au 3 mars 2019, afin de découvrir cette ville impériale, et visiter les monuments déjà restaurés...

En une année, la Medina de Fès a totalement changé de visage. Cette ville fortifiée, inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, symbolise le patrimoine culturel et civilisationnel des Idrissides. Pour (re)découvrir la culture de cette superbe ville, des vieux quartiers de la Medina truffés de labyrinthes aux quatre Portes majestueuses avec leurs mosaïques typiquement marocaines, le CRT de Fès a organisé durant trois jours, du 1er au 3 mars, une visite au profit de la presse nationale et des influenceurs marocains. Objectif avoué, donner une nouvelle impulsion au tourisme dans la région. «Fès devrait être notre première destination nationale, car cette cité, chargée d’histoire, n’a pas d’égale au Maroc en termes de patrimoine et de culture», a affirmé Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, du Transport aérien, de l’Artisanat et de l’Économie sociale lors de la cérémonie inaugurale des «Media influence days».

Initié par le Roi Mohammed VI, le chantier de rénovation des 27 monuments a coûté un montant de 300 millions de dirhams, sans compter la restauration de 4.000 bâtiments qui menaçaient ruine. C’est donc parti pour une visite guidée de 27 monuments historiques, censés redonner vie à l’activité commerciale et touristique de notre capitale spirituelle. Un défi à la hauteur des difficultés que connaît la ville de Fès car de nombreux sites et bâtisses étaient en ruines. La rénovation des foundouks, medersas, kissarias, mosquées, bibliothèques et autres mausolées a permis de créer une dynamique où chaque monument devient indissociable des autres.

Voyage dans l’histoire
L’autre défi consistait à la redynamisation économique et sociale de cet environnement afin que cette Medina puisse redevenir une ville vivante par toutes ses activités et notamment l’enseignement. C’est d’ailleurs l’objet des premières visites effectuées avec, comme guide, le président du CRT de Fès, Aziz Lebbar. La Medersa Mohammedia, nommée ainsi en hommage au Roi Mohammed V qui l’a inaugurée, est la plus jeune école de la Medina. Elle est accolée à la Medersa Sbaiyine. Cette dernière est, quant à elle, la plus ancienne école de la Medina. Elle a été édifiée au 12ème siècle, en même temps que l’université Qaraouiyine, et s’est fait connaître par l’enseignement des 7 lectures coraniques.

A l’instar de sa voisine, cette Medersa, au patio central à ciel ouvert et ses 23 chambres en rez-de-chaussée et au 1er étage, dispense des cours de théologie mais aussi de calligraphie et de sciences exactes.

A quelques encablures, près d’un carrefour où se mêlent ferronniers et marchands ambulants, se dresse la fameuse Université Al Quaraouiyine. L’établissement, fondé par Fatima el Fihriya au 9ème siècle, abrite la plus ancienne bibliothèque du monde. Les manuscrits qu’on y trouve ont plus de 11 siècles et demi d’existence.

Regain de vitalité
A l’intérieur, le temps semble s’être arrêté. Le mobilier, d’époque, est comme neuf et l’impressionnant plafond en bois a émerveillé les visiteurs tout comme de splendides ouvrages tels qu’un Coran du 12ème siècle, une traduction de l’Evangile du 9ème siècle, un manuscrit d’Ibn Khaldoun, et enfin un traité de médecine rédigé en poésie. Outre la bibliothèque et l’université, le bâtiment abrite aussi une mosquée.

La visite s’est poursuivie par celle du fondouk Staouniyine. Entièrement rénové, ce bâtiment au style arabo-mauresque devrait désormais servir de lieu de commerce avec des échoppes en lieu et place des anciennes chambres. Datant du 15ème siècle, il a permis de développer les échanges commerciaux comme celui du thé qui a prospéré au début du XXème siècle. Une énorme balance métallique trône toujours au fondouk pour rappeler les ventes de thé ou de sel. Le foundouk Chemmaiine, lui, renaît de ses cendres après des années en état de ruine. Datant du 13ème siècle, il a été reconstruit à l’identique grâce à des images d’époque et abrite aujourd’hui des commerçants. La kissaria El Kifah (17ème siècle) est le premier centre commercial de Fès, voire du Maroc. Connues pour être le point de départ des grandes fortunes casablancaises, ses 641 échoppes modernisées constituent un point incontournable pour les amateurs de shopping de textiles ou de babouches.

Du côté du Mellah, proche de la Medina, la synagogue «Slat AlFassiyine», datant du 16ème siècle, a été complètement restaurée. Classée monument historique par l’UNESCO, elle fait partie des quatre synagogues de Fès qui restent très fréquentées par la diaspora juive marocaine disséminée à travers le monde. La restauration de ce lieu de culte est donc judicieuse pour sauvegarder l’attachement des 60.000 juifs qui reviennent chaque année.

Aux alentours de la ville de Fès, le programme de réhabilitation a également concerné les thermes de Moulay Yacoub, qui drainent un nombre important de touristes en quête de cure de remise en forme. Le groupe français «Vichy thermalia» a d’ailleurs ouvert un hôtel pour offrir tous les soins thermaux.

Cette visite des différents lieux restaurés confirme le regain de vitalité de la ville de Fès. Ces rénovations ont permis de redonner vie à une Medina qui commençait à s’essouffler. D’ailleurs, les chiffres indiquent une nette augmentation du nombre d’arrivées et de nuitées à Fès entre 2017 et 2018. Le nombre d’arrivées est ainsi passé de 504.258 en 2017 à 588.819 en 2018, soit une hausse de 17%, alors que le nombre de nuitées a évolué de 947.749 en 2017 à 1.098.884 en 2018. De plus, l’amélioration de l’accessibilité des sites historiques boostera le tourisme et encouragera le voyage dans l’histoire d’une ville millénaire. Une expérience qui devrait servir d’exemple pour les huit autres villes du Maroc dont les Medinas veulent également sauvegarder leurs traditions.


1 commentaire

  • khalid .M

    14 Mars 2019

    de quelle ville parlez vous ,si c est ma ville fes ,soyez honnetes la medina ne cesse de perdre son originalite et ses caracteres par lincompetence des....et lirresponsabiltes des....... finalement l histoire n oubliera ni les batisseurs ni les destructeurs/

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