Une moderniste revendiquée

Fatima Zahra Mansouri, présidente du conseil national du PAM

Fatima Zahra Mansouri se fait remarquer par les valeurs qu’elle porte et la ligne de conduite qu’elle s’est imposée.

C’est l’histoire d’une femme qui, à 33 ans seulement, devient la première femmemaire de l’histoire du Royaume. On l’aura compris, le parcours politique de Fatima Zahra Mansouri n’est pas ordinaire. Présidente du conseil de la ville de son Marrakech natal, où elle a vu le jour le 3 janvier 1976, de juin 2009 à septembre 2015 et désormais surtout, depuis janvier 2016, présidente du conseil national du Parti authenticité et modernité (PAM), deuxième force politique du pays, la concernée est, depuis maintenant plus de dix ans, une des figures les plus en vue de la politique nationale. «Moderniste» revendiquée, confiant être «très ambitieuse pour [son] pays», elle se fait remarquer par les valeurs qu’elle porte et la ligne de conduite qu’elle s’est imposée; ce qui n’est sans doute pas loin d’expliquer la grosse cote de popularité dont elle jouit parmi les bases de son parti.

Une femme de dialogue
C’est ainsi sans surprise qu’on retrouve Mme Mansouri sur les devants de la scène pour contester les abus dont, ces dernières semaines, s’est rendu coupable Hakim Benchemmass. Par la voix d’un communiqué fleuve, publié le 30 mai 2019, elle avait dit ses quatre vérités à son secrétaire général. Mais dans une certaine mesure, Mme Mansouri a sans doute dû se faire violence pour publier son texte, elle que l’on présente d’abord comme une femme de dialogue. Quand nous lui avons posé la question, elle nous a d’ailleurs confié avoir cherché initialement à discuter avec M. Benchemmass, mais en vain en raison du refus de ce dernier de s’ouvrir à ceux qui ne partagent pas complètement ses vues. On pourrait même se risquer à dire que Mme Mansouri n’est pas à proprement parler une bête politique, tant elle ne semble pas vraiment obéir aux codes régissant le domaine.

C’est d’ailleurs un peu par hasard qu’elle y est tombée, au moment où l’actuel conseiller du roi Mohammed VI, Fouad Ali El Himma, alors récemment démissionnaire du ministère de l’Intérieur où il occupait le poste de ministre délégué, lançait en janvier 2008 son Mouvement de tous les démocrates (MTD), devenu, en juillet de la même année, le PAM. Avant, elle faisait, loin des flashs photos, son petit bonhomme de chemin dans le droit commercial, après un diplôme obtenu en 2000 à Montpellier.

On retient notamment, de cette époque, un passage dans le prestigieux cabinet Naciri, appartenant à feu Mohamed Taïeb Naciri, ministre de la Justice dans le gouvernement Abbas El Fassi (janvier 2010-janvier 2012). Estce l’admiration qu’elle porte à son père qui l’a décidée à franchir le pas? Feu Abderrahmane Mansouri a en effet été gouverneur de Marrakech et a longtemps occupé le poste d’ambassadeur du Royaume à Dubaï, capitale stratégique aux yeux du Palais. Il décèdera, malheureusement, le jour même où sa fille était élue maire de Marrakech.

Mère de deux enfants, Mme Mansouri est présentée par beaucoup comme une potentielle futur secrétaire général du PAM, bien qu’elle récuse cette ambition. Elle deviendrait alors la troisième cheffe de parti de l’histoire du pays après Fatima Alaoui à la tête du Parti des verts pour le développement (PVD) et Nabila Mounib à celle du Parti socialiste unifié (PSU).


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