Mohamed Amkraz, ministre du travail: La surprise du chef

La nomination de Mohamed Amkraz est une prouesse à mettre à l’actif du PJD, a déclaré le Chef du gouvernement. Qui est-il vraiment?

Avocat à Agadir et à Laâyoune, Mohamed Amkraz, nommé, mercredi 9 octobre 2019, ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, faisait jusqu’à récemment partie de la jeune garde ayant pour leader Abdelilah Benkirane, ancien Chef du gouvernement, également ancien secrétaire général du PJD. Il succède à ce poste à Mohamed Yatim, dirigeant lui aussi du PJD. La nomination de Mohamed Amkraz comme ministre est une prouesse qu’aucun autre parti n’a pu réaliser, dira, enthousiaste, Saâd Eddine El Othmani, Chef du gouvernement, samedi 12 octobre.

Présenté comme étant le plus jeune ministre des différents gouvernements, ce dernier déclarera, peu après avoir prêté serment, que sa nomination incitera les jeunes à adhérer davantage à l’action politique... Et d’ajouter que «l’expression par les jeunes de leurs points de vue et même de leur mécontentement vis-à-vis de certaines décisions, ne sera aucunement un obstacle devant leur accès aux établissements et aux postes de responsabilité.»

L’avocat de la Jeunesse
Né à Tiznit en 1978, père de trois enfants, il obtient sa licence en droit privé en 2002. Deux ans plus tard, il réussit son entrée au barreau. Profession qu’il exerce depuis 2004/2005. Parallèlement à son activité professionnelle, il poursuit ses études supérieures et décroche en 2012 un Master en droit des affaires de l’université Cadi Ayyad de Marrakech. Cela ne l’a pas empêché de continuer son activité politique au sein de la mouvance islamiste. Plus particulièrement au PJD. Il rejoint, encore élève au lycée, la Jeunesse du PJD. Au début de l’année 2002, il accède au bureau national de cette organisation avant d’en présider le comité central. Il préside les travaux du sixième congrès de l’organisation et devient, en février 2018, son secrétaire général, succédant à ce poste à Khalid Boukarii.

Ancien député, (2011-2016), élu dans le cadre de la liste des jeunes, il a été pendant son mandat membre la commission parlementaire de la justice et de la législation. Mohamed Amkraz s’est fait connaître lors de l’affaire des sept jeunes du PJD condamnés pour apologie du terrorisme après l’assassinat, le 19 décembre 2016, de Andrei Karlov, l’ambassadeur russe en Turquie. C’est là que le grand public allait découvrir ce jeune avocat qui multipliait les déclarations à la presse et sur les réseaux sociaux. Les jeunes mis en cause -condamnés, le 13 juillet 2017, à des peines de prison d’un et à deux ans par l’annexe de la cour d’appel de Salé- seront graciés par le Roi.

Mais l’Histoire a retenu le nom de M. Amkraz. Il a pris du poids à l’intérieur de la Jeunesse et sera logiquement porté à la tête de l’organisation peu de temps après. Elu local, il est président du groupe PJD au conseil de la région du Souss- Massa-Drâa. Connaisseur du code du travail et des problèmes des ouvriers, lui qui a été conseiller des dirigeants de l’UNTM, syndicat du PJD, M. Amkraz est décrit par ses proches comme un homme de dialogue. Une qualité dont il aura certainement besoin pour pouvoir relancer sur de nouvelles bases les négociations avec les partenaires sociaux. Ces derniers attendent beaucoup de son département dans un climat de crispation laissé par son prédécesseur.


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