Mohamed Fizazi ambitionne de se présenter aux élections législatives

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Un salafiste en politique


RÉVISION. Mohamed  Fizazi devrait bientôt  faire son entrée en  politique. «Dans  la perspective des  élections législatives  prévues fin 2016», nous  révèle-t-il.

Les gens connaissent le  Mohamed Fizazi homme  de religion. Bientôt ils  devraient le voir prendre  l’habit politique. L’intéressé nous  confirme. «Je compte faire mon  entrée en politique dans la perspective  des élections législatives  prévues fin 2016», nous affirmet-  il.  Que M. Fizazi fasse une telle  annonce peut sembler paradoxal.  Lui qui pourfendait la démocratie,  la traitant d’«idole» dans  une conférence dans la ville de  Milan en Italie en 2000. En 2003  il est arrêté quelques jours après  les attentats du 16 mai. Douze  membres de la «Salafiya Jihadiya»,  organisation se réclamant comme  son nom l’indique en langue arabe  du salafisme comme référent et le  djihadisme comme moyen d’action,  se font sauter dans la ville de  Casablanca. Par ses prêches dans  la mosquée «Al-Qantara» dans la  ville de Tanger M. Fizazi est considéré  comme un des idéologues  de la «Salafiya Jihadiya». La cour  d’appel de la ville de Casablanca le  condamne à 30 ans. Il n’est libéré  qu’à la faveur d’une grâce du roi  Mohammed VI en 2011.
Entre-temps M. Fizazi révise  plusieurs de ses convictions.  Notamment le «takfirisme», l’excommunication  des personnes contrevenant aux yeux des «takfirisites  » aux préceptes authentiques  de la religion musulmane.  Début 2014 il avait dirigé en présence  du Souverain la prière du  vendredi à la mosquée Tarik Ibn  Ziad de Tanger.


Dialectique religieuse
M. Fizazi ne serait pas la première  personnalité salafiste à intégrer  le champ politique. Ces dernières  années plusieurs figures du mouvement  ont franchi le pas. Les plus  connus sont Abdelwahab Rafiki  «Abou Hafs» et Omar Haddouchi.  MM. Abou Hafs et Haddouchi de  même que trois autres personnalités  salafistes avaient en 2013  rejoint le secrétariat national du  Parti de la renaissance et de la  vertu (PRV).
M. Fizazi avait également reçu  une offre du secrétaire général du  PRV, son «ami et confident» dit-il  Mohamed Khalidi, mais n’avait  pas donné suite d’après nos informations. Une option que n’écarte  plus M. Fizazi, nous révèle-t-il.  Le natif de la tribu Marnissa dans  la province de Taza nous confirme  qu’il a également reçu une offre  du Parti authenticité et modernité  (PAM). Le référentiel du PAM  s’oppose pourtant à la dialectique  religieuse de M. Fizazi. «L’Islam  nous incite à laisser toutes les  portes ouvertes», nous répond-il.  Enfin le Parti de la justice et du  développement (PJD), principal  parti de la majorité, est évoqué. Le  PJD entretient cependant des liens  tumultueux avec le PRV, lequel  en est issu suite à une scission en  2005. Mais M. Fizazi précise qu’il  compte de «nombreux amis» au  PJD.
M. Fizazi nous explique qu’il  compte «à son échelle» contribuer  à façonner «l’Homme bon».  «Les politiques oublient souvent  l’aspect moral», poursuit-il.


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