S.M. MOHAMMED VI MET FIN À L'AFFAIRE HAJAR

COURAGE, CLÉMENCE ET COMPASSION

Hajar Raissouni est graciée. Avec elle, son fiancé, le médecin et le staff médical. Par ce geste, le Souverain a mis fin à une affaire maroco-marocaine que certains réseaux douteux n’ont pas manqué d’exploiter pour ternir l’image du pays.

Voilà bien une grâce royale qui prend tout son sens. Hajar Raissouni, poursuivie puis condamnée et emprisonnée pour avortement illégal et relations sexuelles hors mariage, vient d’être graciée, ce mercredi 16 octobre 2019, par S.M. le Roi. Une compétence propre, personnelle et exclusive, qui lui appartient aux termes de la Constitution. Elle peut être actée à tout moment, quels que soient l’infraction et l’état d’avancement des voies de recours.

Cette décision royale doit être saluée et il faut s’en féliciter. Elle fait le bonheur de Hajar, de son fiancé, de son médecin et du personnel paramédical d’assistance. Elle réjouit également une grande partie des citoyens qui ont eu à suivre, jour après jour, depuis un mois et demi, les souffrances et les affres d’une jeune femme de vingthuit ans happée et brisée par la machine judiciaire. Nul doute que le Souverain a suivi au plus près l’évolution de cette affaire pénible pour tout le monde. Le communiqué officiel fait référence à la compassion et à la clémence reconnues au Souverain. Faut-il encore le relever? Ces deux qualités sont, entre autres, constitutives de sa personnalité. Durant les deux décennies de son règne, elles se sont maintes fois vérifiées –le peuple marocain le sait.

Polarisation sociale
Et c’est en considération aussi de la préservation de l’avenir des deux fiancés désireux de fonder une famille, «conformément aux préceptes religieux», que la décision royale a été prise. Mais il y a plus. C’est qu’en effet ce dossier a donné lieu à une polarisation au sein de la société avec d’un côté les conservateurs et de l’autre les modernistes si l’on peut dire. Une certaine mobilisation médiatique internationale, ici et là, a trouvé là une aubaine pour attiser les débats, ne rendant service finalement ni à Hajar ni à une appréhension sereine de la condition féminine au Maroc. Faut-il s’en étonner? Ces mêmes cercles ne paraissent avoir d’autre mission que l’hostilité et la nuisance…

Cela dit, la grâce royale intervient une semaine après la nomination du gouvernement remanié. Elle va conduire le Chef du gouvernement reconduit à revoir sa copie, en l’occurrence un projet de loi déposé depuis trois ans au Parlement et qui est resté en instance au sein de la commission compétente. Une forme de «résistance» qui faisait l’affaire des parlementaires islamistes et de leur parti, le PJD, opposé de fait à tout amendement des dispositions du code pénal afférentes.

La dynamique du changement
C’est un tel état d’esprit qui a bloqué durant des mois quelques articles de la loi-cadre de réforme de l’éducation à propos du nouveau statut des langues étrangères. Une refonte doit donc se faire à propos de la législation relative à l’avortement. Elle doit également aborder le problème de relations sexuelles hors mariage (article 490) qui est un fait de société que l’on ne peut évacuer d’un trait de plume. Tel est donc Mohammed VI! Le Roi courage! La réforme du code de la famille en 2004 participait, il faut le rappeler, de cette même détermination.

C’est que, au-delà des textes en vigueur, devait s’imposer à ses yeux un projet de société, des valeurs aussi et plus globalement un humanisme dans tous ses versants. Si l’on peut estimer que la concertation n’est pas à écarter, elle ne doit pas pour autant conduire au statu quo faisant l’affaire du conservatisme et qui est fortement décalé par rapport à de larges pans de la société. Preuve est faite que le changement et sa dynamique sont entrepris par le Souverain et que les uns et les autres doivent s’y inscrire, même à reculons. Avec cette grâce royale, le symbole est fort: un Maroc est en marche. D’autres réformes ne manqueront certainement pas de bénéficier de cette même détermination; il y a encore tant à faire!


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