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Nouvelle résolution de l'ONU sur le Sahara Marocain

Les USA maîtres du jeu

La résolution 2468 répond largement aux attentes du Maroc; elle consacre le processus de tables-rondes comme seule et unique voie dans la recherche d’une solution politique.

Le Conseil de sécurité a adopté, le mardi 30 avril 2019, la résolution 2468 relative à la question nationale du Sahara. Elle a été votée par 13 voix pour et les abstentions de la Russie et de l’Afrique du Sud. Elle proroge le mandat de la Minurso pour un nouveau semestre. Elle appelle aussi à une solution politique, pragmatique et durable articulée sur la base d’un compromis. Enfin, elle demande aux quatre parties (Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario) de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel.

C’est avec satisfaction que Rabat a accueilli ce nouveau texte de la haute instance onusienne. Pour Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, la résolution demande aux quatre parties de «s’engager sérieusement dans le processus politique en vue d’identifier des éléments de convergence».

Irréalisable consensus
Il a aussi souligné la mise en exergue réitérée du rôle de l’Algérie, citée pas moins de cinq fois comme «partie prenante principale », laquelle doit assumer une position constructive. Il a enfin rappelé que la résolution appuie les «éléments structurants» à prendre en considération pour avancer dans le processus de règlement. Même tonalité du côté de Omar Hilale, ambassadeur aux Nations-Unies, lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’organisation mondiale, à New York. Il a ainsi précisé plusieurs points. La résolution répond largement aux attentes du Maroc; elle consacre le processus de tables-rondes comme seule et unique voie dans la recherche d’une solution politique; elle écarte l’idée d’un cinquième round de négociations prolongeant celles de Manhasset et dont l’échec est avéré; enfin, elle soutient le processus initié par les deux tables rondes de décembre 2018 et mars 2019.

Le consensus des 15 membres du Conseil de sécurité n’a pas pu se réaliser. Le représentant américain -traditionnel porte-plume de la résolution- a fait part de sa déception à ce sujet. L’Afrique du Sud s’est mobilisée pour critiquer le projet et mettre en cause en particulier l’opacité qui a entouré l’examen du mandat de la Minurso. Elle a aussi relevé une formulation favorable à ses yeux au Maroc, de même que des ambiguïtés relatives à des termes comme «réaliste, réalisme ou encore compromis». La Fédération de Russie, elle, estime que le texte essaie de «modifier certains paramètres déjà établis ». Elle a, à son tour, invité le Conseil à la neutralité, certains libellés n’ayant pas été discutés au fond par les membres de cette haute instance. Enfin, elle a considéré que «le principe de l’audétermination du peuple sahraoui n’a pas été suffisamment souligné ».

Renouvellement de la Minurso
C’est la troisième fois que Moscou s’abstient lors du vote d’une résolution sur le Sahara marocain. Il faut ainsi rappeler qu’à la fin octobre 2018, elle avait expliqué son abstention par suite du principe de l’autodétermination expurgé du paragraphe deux de la résolution 2440, une correction revenant à affaiblir les paramètres d’une solution au conflit. Il faut aussi, par ailleurs, mentionner la position de l’Allemagne, qui a invité les parties à adopter des mesures de confiance, tel l’accueil sur «le terrain des observateurs des droits de l’Homme». Le Royaume-Uni a regretté que le Conseil n’ait pu «parler d’une même voix». Quant à la Chine, elle a souhaité que, à l’avenir, soient tenues des consultations plus approfondies avant le renouvellement du mandat de la Minurso.

Les discussions ont porté aussi sur la question de la durée du mandat de la Minurso. Celle-ci avait été réduite à six mois, en octobre 2018, à l’initiative des Etats-Unis. Elle a été de nouveau posée cette fois-ci. Plusieurs membres du Conseil de sécurité ont demandé un renouvellement pour douze mois (Koweït, République dominicaine, Guinée équatoriale, Côte d’Ivoire,...), la France étant la plus insistante à ce sujet. Pour le représentant français, «les mandats de 12 mois doivent rester la norme et ceux de six mois l’exception». Il a expliqué qu’une période d’un an «permet la continuité et une plus grande visibilité dans la gestion de la Mission, tout en réduisant les incertitudes quant à son futur».

Éléments de convergence
L’instance exécutive de l’ONU a consacré la prééminence de l’initiative d’autonomie, présentée par le Royaume le 11 avril 2007, en se félicitant des efforts «sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant dans le processus visant un règlement» du conflit du Sahara.

La résolution consacre, à nouveau, l’Algérie en tant que partie principale au processus visant à trouver une solution «politique, réaliste, pratique et durable» et «basée sur le compromis» à la question du Sahara. Elle appelle à faire montre de volonté politique et à travailler dans une atmosphère propice au dialogue dans le but de faire avancer les pourparlers, assurant ainsi la mise en oeuvre des résolutions du Conseil de sécurité depuis 2007 et le succès des négociations. Pour le Conseil de sécurité «la concrétisation d’une solution politique à ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les Etats membres de l’Union du Maghreb Arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité, induisant à son tour la création d’emplois, de croissance et d’opportunités pour l’ensemble des peuples de la région du Sahel».

Dans cette même ligne, le Conseil a salué «le nouvel élan impulsé par la première table-ronde tenue les 5 et 6 décembre 2018 et la deuxième table-ronde tenue les 21 et 22 mars 2019, ainsi que l’engagement par le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie de s’engager dans le processus politique de l’ONU sur le Sahara, de manière sérieuse et respectueuse en vue d’identifier des éléments de convergence».

Le Conseil exprime également son «plein soutien aux efforts en cours du Secrétaire général et de son Envoyé personnel visant à maintenir le processus renouvelé des négociations afin d’aboutir à une solution à la question du Sahara. Le texte note aussi l’intention de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Horst Köhler, d’inviter le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario à une nouvelle rencontre «selon le même format» que celui des précédentes tables-rondes de Genève. De même, le Conseil de sécurité salue la disposition et la volonté du Maroc «à rester engagé tout au long de la durée de ce processus, dans un esprit de réalisme et de compromis, afin d’en assurer le succès».


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