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Objectif : moins de morts sur nos routes

Avec la caravane itinérante de la sécurité routière

Du 21 au 23 février 2019, le ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, en collaboration avec le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) a organisé une caravane itinérante, en présence de Najib Boulif, secrétaire d’État chargé du transport, et dont le coup d’envoi a été donné à Rabat.

“Le Maroc veut réduire le nombre de décès dus aux accidents de 20% d’ici l’an prochain”, selon le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani. Le nombre de personnes tuées sur la route a enregistré une baisse de 3,16% entre novembre 2017 et octobre 2018, alors que 3.435 personnes ont trouvé la mort durant la même période. Mais cette baisse reste largement insuffisante et l’incivilité sur la route prédomine encore au Maroc. Afin de mettre en relief les actions du gouvernement, une caravane itinérante de la sécurité routière a été mise en place par le ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, en collaboration avec le CNPAC, du 21 au 23 février 2019. Présidé par Najib Boulif, secrétaire d’État chargé du transport, et accompagné de Benacer Boulaajoul, secrétaire permanent du CNPAC, ce périple de trois jours a fait escale à Rabat, Bouznika, Benslimane, Marrakech, Agadir et Tiznit. Cette caravane a donc débuté son aventure dans la capitale du Royaume, au siège du ministère, pour la présentation d’une nouvelle génération de radars.

280 radars ont été distribués aux autorités concernées en attendant une deuxième livraison au cours de l’année. Ces bijoux de technologie peuvent capter la vitesse sur 1.200 mètres et sont capables d’enregistrer jusqu’a 10.000 infractions. «Nous espérons à travers ces équipements impacter le comportement des usagers et faire respecter la loi», nous explique Benacer Boulaajoul. Ces radars peuvent notamment capturer des preuves vidéo et photographique des auteurs de violations du code de la route. La deuxième étape s’est déroulée sur l’aire de repos de Bouznika sur l’autoroute reliant Rabat à Casablanca, où des ophtalmologues réalisaient gracieusement les examens médicaux nécessaires pour les usagers de la route. «Une opération bienvenue» pour Mounir Ghissassi, du Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc. Le SPNOM s’est attelé à sensibiliser les conducteurs à s’intéresser à leur santé oculaire en vue de contribuer à la sécurité routière.

Une multitude de projets à Marrakech
La troisième étape a mené la caravane à Benslimane, où un Centre national de sécurité routière fera du Maroc un pionnier en la matière au niveau africain, a affirmé le secrétaire d’État chargé du Transport, Najib Boulif. Ce centre, qui sera destiné dans un premier temps aux professionnels, aidera le conducteur à apprendre à mieux réagir et contrôler le véhicule dans différentes situations et dans toutes les conditions météorologiques, a-t-il souligné, faisant savoir qu’il a pour vocation à devenir un espace de formation.

La caravane itinérante a ensuite fait escale à Marrakech. Le secrétaire d’État et le wali de la région de Marrakech-Safi, Karim Kassi- Lahlou, ont visité le chantier d’une passerelle piétonne se trouvant sur la route nationale numéro 7, dans la ville de Tamansourt. Les responsables se sont ensuite rendus sur le chantier d’aménagement du carrefour se trouvant sur la route provinciale 2008 reliant Marrakech à plusieurs douars. Ce point connaît le passage de 15.642 véhicules par jour. Le projet nécessite une enveloppe budgétaire de 4,4 millions de dirhams.

Enfin, la caravane a été accueillie par les enfants de l’école Zohra, à Marrakech. L’association Pikala y a tenu un atelier de réparation de vélos avec l’assistance de cyclistes professionnels. «La bicyclette est le premier moyen de transport des enfants. 50 vélos ont été réparés grâce à nos 6 cyclistes professionnels d’Angleterre et des Pays-Bas. C’est un projet qui sera lancé dans d’autres villes prochainement», explique Chantal Bakker, directrice de Pikala. A l’intérieur de l’école, les enfants ont participé à des jeux sur l’éducation routière et la conduite en vélo. Les enfants ont reçu des permis de conduire symboliques en guise d’encouragement.

Le 22 février, la caravane s’est rendue au siège du conseil de la région du Souss-Massa, à Agadir, pour la présentation d’un Guide référentiel pour aménagements de sécurité routière dans le milieu urbain. Ce guide est le fruit du travail entre les départements concernés en vue de concrétiser les objectifs de la stratégie nationale de la sécurité routière. M. Boulif a en outre expliqué que le guide repose sur quatre piliers fondés en particulier sur la promotion d’un transport durable et sécurisé, l’intégration de la dimension environnementale et la fluidité du trafic routier.

Un centre d’éducation routière
Direction Inezgane pour l’avant dernière ville visitée. A la gare routière, le CNPAC, en collaboration avec l’Association marocaine des médecins agréés à certifier l’aptitude médicale au permis de conduire (Asmamap), a organisé au profit des professionnels du transport, une campagne de sensibilisation et de dépistage. «Cette opération consiste à réaliser tous les examens nécessaires pour évaluer l’aptitude à la conduite de ces professionnels», a expliqué Mohamed Riad, vice-président de l’Asmamap. Examen de la vision, appareils auditifs, appareils cognitifs, diabète, hypertension, trouble du sommeil… les médecins ont fait le tour de l’ensemble des pathologies et des six classes qui peuvent constituer une contrainte pour la conduite.

La caravane a poursuivi son chemin vers Tiznit, où le secrétaire d’Etat a inauguré un centre interactif d’éducation routière. Formant une centaine d’élèves par semaine, il est composé d’un réseau de pistes cyclables avec des panneaux de signalisation. Actuellement, trois centres de ce genre sont opérationnels et d’ici la fin de l’année sept seront réalisés. Ils visent, entre autres, à enseigner aux enfants les règles de base de la circulation routière par le biais de simulations cyclistes.

Retour à Agadir pour la dernière étape. Le ministre de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, Abdelkader Amara, s’exprimait lors de l’ouverture d’un forum des moniteurs d’auto-écoles. «A l’horizon 2026, on espère réduire le nombre de décès de 50%, soit moins de 2.000 morts par an», précise le ministre, ajoutant que les accidents coûtent 15 milliards de dirhams chaque année au Maroc. En termes d’infrastructures, 5 à 6 milliards de dirhams sont destinés annuellement pour améliorer nos routes. Par ailleurs, il a insisté sur le fait que le facteur humain est la première cause des accidents (90% des cas). Dans ce sens, il a mis l’accent sur l’encadrement du comportement des usagers et le rôle des moniteurs dans cette stratégie.

Toutes ces actions démontrent l’activité incessante des pouvoirs publics pour faire face à l’incivilité sur la route et aux accidents qui en découlent. Maintenant, le rôle principal doit revenir aux usagers, qui doivent prendre conscience que la route est un espace public où le respect des règles doit devenir une priorité


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