Peut-on sauver la Samir ?


Le Front national pour la sauvegarde de la Samir voit le jour


Ce mouvement émanant de la société civile, formé de politiques, parlementaires, experts, économistes et syndicalistes, accuse l’Etat d’être responsable de la crise de la Samir. Il l’appelle à faire preuve d’audace pour éviter la disparition de ce symbole industriel national.

Face à la persistance de la crise de la Samir, qui demeure toujours fermée depuis août 2015, après la défection de son actionnaire principal, le milliardaire saoudo-éthiopien Cheikh Mohamed Houcine El Amoudi, des voix s’élèvent au sein de la société marocaine pour la sauvetage de l’unique raffinerie nationale de pétrole.

Parmi elles, le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie nationale, constitué en juillet 2018. À l’origine de ce mouvement, des personnalités politiques de tous bords, des parlementaires, des experts, des économistes, des syndicalistes et des salariés de la raffinerie. Pour donner corps à ce mouvement et lui conférer une existence influente, ses membres se sont réunis, samedi 15 septembre 2018, dans le cadre d’un conseil national.

Après avoir examiné les raisons de la suspension de la production de la Samir ainsi que les dommages considérables causés par cet arrêt d’activité en matière économique, financière, sociale et de développement, le conseil national a émis des recommandations pertinentes qui versent dans le sens du maintien de la raffinerie.

Mohammed Benmoussa, économiste, expert en gestion et un des membres fondateurs du Front, évoque le caractère indispensable du maintien de cette raffinerie dans l’économie nationale puisqu’elle permet de garantir la sécurité énergétique du pays. Comme elle permet de fournir les besoins pétroliers nationaux, ce qui lui confère le rôle stratégique de mettre un terme aux manipulations actuelles au niveau de la qualité et des prix des hydrocarbures.

Le Front se montre particulièrement critique à l’égard de l’Etat marocain, représenté par les gouvernements successifs, qui est le premier responsable de la crise actuelle de la Samir. Gestion frauduleuse et désastreuse, privatisation sombre et négligence avérée dans le suivi et le contrôle, les mots employés pour critiquer le rôle des pouvoirs publics sont extrêmement virulents.

D’où les appels incessants aux autorités marocaines pour interagir positivement avec cette affaire et faire preuve d’audace et de bonne volonté. Objectif: éviter la disparition de ce symbole industriel national. Et les solutions possibles proposées à l’Etat pour désamorcer cette crise ne manquent pas: la gestion libre, la cession à des tiers, la conversion des dettes en participations au capital ou le transfert à une société mixte composée d’un opérateur industriel, de l’Etat et des banques, autant d’options qui s’offrent au gouvernement pour sauver la raffinerie de Mohammedia. Car, cette crise provoque une double catastrophe: économique et sociale. Mais le coût social de cette affaire s’avère, en effet, plus dramatique et l’attitude actuelle de l’Etat ne semble pas aller dans le bon sens

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