Le PAM et le PJD s'écharpent à Rabat

Mohamed Seddiki, maire PJd de Rabat.

Y a-t-il un sheriff dans la ville ?


Les deux principaux partis du pays sont à couteaux tirés au conseil de Rabat. Une situation de blocage qui pourrait empêcher la mise en œuvre du programme «Rabat, ville des lumières».

La guerre entre le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de la justice et du développement (PJD) trouve un terrain d’affrontement tenace au sein du conseil de la ville de Rabat. Les deux partis s’écharpent depuis quelque temps autour de la gestion de la capitale, au point que leurs représentants en étaient venus aux mains en octobre 2017. On n’en est pas encore passé loin ces dernières semaines, surtout après que le ministère de l’Intérieur ait fait un rapport au vitriol à ce sujet, pointant du doigt différents problèmes au plan de l’urbanisme. La «mère des ministères» a également estimé que la commune de Youssoufia souffrait de graves problèmes au niveau du management.

Un constat que le PAM n’a pas manqué de saisir pour régler ses comptes avec le PJD, sachant que les deux partis se vouent une inimitié féroce depuis la création du premier cité en juillet 2008, sur fond d’ambitions électorales pour faire figure de première force politique du pays. Le parti du tracteur a notamment entravé, soutenu en cela par le parti du Mouvement populaire (MP) et celui de l’Union constitutionnelle (UC), la tenue de différentes réunions, notamment la dernière en date du 19 octobre 2018, où il avait occupé la tribune réservée au maire, en l’occurrence Mohamed Seddiki, parce que le wali de la région de Rabat-Salé-Kénitra, Mohamed Mhidia, n’avait pas personnellement fait acte de présence. Or d’après les islamistes, la loi ne fait pas expressément mention du wali, mais simplement de tout représentant de l’autorité. En tout cas, la réunion n’avait pas pu se tenir, et d’aucuns redoutent que le blocage persiste et empêche notamment la mise en oeuvre du programme «Rabat, ville des lumières, capitale de la culture», que le roi Mohammed VI avait lancé en mai 2014 mais dont plusieurs composantes doivent encore voir le jour, bien qu’on se rapproche de jour en jour de son échéance finale.

L’image du parti
Cet argument a d’ailleurs été utilisé par M. Saddiki et ses collaborateurs, lesquels ont trouvé leur principal soutien en la personne de Saâd Eddine El Othmani, qui dans un post diffusé sur les réseaux sociaux le 20 octobre a accusé les élus du PAM d’extrémisme.

Le Chef du gouvernement a notamment utilisé le termes de «baltajis», qui renvoie aux contre-révolutionnaires qu’avait utilisé l’ancien président égyptien Hosni Moubarak contre les manifestants de la place Tahrir pendant le Printemps arabe de 2010- 2011, ainsi que celui de «daechiens», en référence bien entendu à la nébuleuse jihadiste de Daech. L’attitude du deuxième personnage de l’Etat, M. El Othmani, ne décourage pas les élus du PAM, qui semblent prêts à en découdre afin de s’attirer davantage la sympathie des R’batis et contribuer également, à trois avant les prochaines législatives, à l’amélioration de l’image du parti.

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