La police administrative opérationnelle à Casablanca


Pour une ville moins anarchique


La création de la police administrative communale (PAC) traîne depuis 2012. Elle vient officiellement de prendre ses fonctions sur l’ensemble du territoire de Casablanca après une phase de tests concluants dans cinq arrondissements de la capitale économique.

Vêtus d’uniformes verts et carnets de contraventions à la main, voici la police administrative communale (PAC) qui débarque sur l'ensemble du territoire de Casablanca. Annoncée en grande pompe en 2012, la police administrative de Casablanca est effective depuis le 23 janvier 2019 suite à l’expérience pilote de plusieurs mois dans cinq arrondissement casablancais, Mâarif, Anfa, Sidi Belyout, Moulay Rachid et Sidi Othmane. La mise en service de la PAC nécessite tout de même une enveloppe annuelle de près de 10 millions de dirhams.

Ces brigades multidisciplinaires, qui relèvent de la commune urbaine, sont chargées de la verbalisation des contraventions en matière d’hygiène, d’urbanisme ou encore l’occupation du domaine public. Elles se basent sur les dispositions du nouvel arrêté municipal relatif à l’hygiène, adopté par le Conseil de la ville lors de la session de février 2018. Elaboré avec le concours de l’ONSSA, le document se veut plus exhaustif que l’ancien arrêté municipal permanent qui remonte au protectorat.

D’ailleurs, la PAC a lancé une campagne inédite de récupération du domaine public en ciblant les cafés, restaurants ou tout autre commerce dans l’illégalité. La campagne a démarré sur les grandes artères avant de cibler les rues. Des commissions composées d’agents de la PAC, de la police nationale et de représentants des autorités locales feront leur tournée dans les arrondissements de Sidi Belyout, Mâarif et Anfa.

Des effectifs insuffisants
Les contrevenants auront droit à des avertissements, des amendes voire à l’arrêt de l’activité pour les plus récalcitrants. «L’application des décisions est du ressort du caïd, qui représente l’autorité publique», explique Azzeddine, un moqadem casablancais. «La PAC se charge de verbaliser les contrevenants et nous d’exécuter les décisions tout en respectant les hiérarchies. S’il y a un problème, le président du conseil contacte le préfet ou le président de l’arrondissement qui informe, à son tour, le caïd», révèle-t-il.

Lors de la phase d’essai, plus de 14.000 PV ont été dressés en six mois. Pourtant ces PV ne sont pas encore réellement effectifs faute d’implication des présidents des cinq arrondissements concernés, qui hésitent à appliquer cette loi. Le manque à gagner pour ces PV non effectifs s’élève à une quinzaine de millions de DH.

Les PV pour occupation du terrain public arrivent en tête des contraventions (plus de 7.000), suivis de l’hygiène (restaurants, snacks, laiteries…) et l’urbanisme. A l’heure actuelle, 70 agents sont déjà déployés (2 par brigade). A terme, ils seront autour de 230 agents. Un chiffre insuffisant pour assurer ces missions indispensables et rendre Casablanca moins anarchique.

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