Le polo et les chevaux, la passion ravivée de Patrick Guerrand-Hermès


Visite au centre d’insémination artificielle du haras de Aïn Boussafi


A Larache, à 20 minutes du Lixus Beach Resort, en véritable passionné, le célèbre héritier de la maison de luxe familiale, Patrick Guerrand-Hermès, renforce son haras par un centre d’insémination artificielle, premier du genre en Afrique. Ses étalons sont préparés dans les meilleures conditions aux futures compétitions mondiales de Polo.

A 87 ans, Patrick Guerrand-Hermès est mordu de Polo, le «sport des Rois». Un véritable passionné. Il ne s’est pas contenté de créer un club de Polo à Asilah, le PGH La Palmeraie Polo club, avec ses trois terrains de polo (250 m sur 140 m chacun) en face de la plage de Sidi Mghait, un haras pour l’élevage d’étalons à Aïn Boussafi, à Larache, à 20 minutes de Lixus Beach Resort, il a même lancé un centre d’insémination artificielle, premier de son acabit en Afrique.

Bien entretenu, verbe facile, un aplomb sans faille, les yeux de ce riche héritier et petit-fils du fondateur de la firme de produits de maroquinerie et de luxe brillent quand il parle de chevaux, sa passion. Ne dit-on pas que le bonheur, c’est d’avoir pour métier sa passion? Et à Aïn Boussafi, il insiste, chaque fois que possible, qu’il faut caresser les chevaux, les aduler.

Les meilleurs chevaux
Le centre d’insémination artificielle spécialisé dans l’élevage de chevaux de polo, situé à moins d’une heure des terrains de polo d’Hermès à Asilah, est bien équipé en dernières technologies en matière de sélection et d’insémination. En nous servant de guide averti, ce jeudi 30 septembre 2018, à l’intérieur d’un laboratoire interdit d’accès au personnel qui ne fait pas partie de l’équipe de la vétérinaire en chef, Natalia, Patrick nous indique non sans fierté que dans ce centre a réussi, pour la première fois au Maroc et en Afrique, en 2003 plus précisément, l’insémination artificielle d’une jument.

Au début, le haras était basé à Marrakech avant d’être délocalisé à Larache, à Aïn Boussafi, sur orientation royale de feu le roi Hassan II. A Aïn Boussafi, des étalons sont croisés avec les meilleures juments de polo, amenées directement de la pampa argentine. Mais l’attrait principal de Aïn Boussafi est l’insémination artificielle et l’utilisation de mères porteuses. Le cheval de polo (également appelé poney de polo même si sa taille est plus grande) est issu d’un croisement entre un pur-sang arabe et un cheval argentin et c’est d’ailleurs dans ce pays que sont élevés les meilleurs chevaux et formés les meilleurs cavaliers pour cette compétition.

Des entraîneurs professionnels
Ce n’est pas pour rien que Natalia Miglia, la vétérinaire en charge du suivi des chevaux, et Willy Santos, entraîneur en chef au haras d’Aïn Boussafi, entre autres, sont argentins. Ils sont là en permanence, toute l’année. Le centre dispose même d’une installation de cryogénisation qui permet aux ovules et spermatozoïdes de rester intacts pendant longtemps jusqu’à ce que leur utilisation s’avère impérative. Au bout de quelques expériences et au fil des opérations d’insémination, Natalia assure que le taux de réussite dépasse les 85%.

Pour l’insémination artificielle, le centre utilise des mères porteuses pour ainsi permettre à la mère biologique de ne pas interrompre longtemps sa carrière sportive, explique Patrick. Ce jour-là, des cavaliers et professionnels argentins et britanniques ont assisté à un défilé d’étalons. Les négociations peuvent aboutir à l’acquisition d’un ou plusieurs d’entre eux dont le prix peut atteindre 2 à 3 millions de dirhams, voire plus.

Au terme d’une gestation qui dure à peu près une année, les poulains ne quittent pas leur maman jusqu’à l’âge de quatre mois. Suite à quoi, ils commencent des séances d’entraînement pour devenir de futurs champions de polo jusqu’à l’âge d’un an. Tout au long de leur vie au haras, les chevaux sont libres. Ils vivent dans de larges enclos. Et à partir de la 2ème année, les chevaux sont confiés aux entraîneurs professionnels du PGH La Palmeraie Polo Club, du côté d’Asilah.

Une référence à l’international
Ce dernier est situé en face de la plage de Sidi Mghait, à Asilah. Ouvert officiellement en août 2015, il a accueilli du 24 au 29 septembre 2018 au sein du PGH La Palmeraie Polo Club la 8ème édition du tournoi Lawyers Polo, sous le haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI. Une manifestation sportive qui a réuni des avocats du monde entier, et qui a mis en compétition huit équipes composées de joueurs de 17 pays et de 4 continents.

Le PGH est le premier complexe qui proposera des cours de cette discipline au Maroc. Des stages sont ainsi proposés, pour les initiés ou les débutants.
Ce club a érigé la ville d’Asilah parmi les grandes capitales mondiales du Polo, après Buenos Aires, Madrid, Toronto, Dubaï, Paris, Bangkok et Sotogrande. Ce qui fait la fierté de Patrick Guerrand-Hermès, ex-président de la Fédération internationale de Polo. Ses installations répondant aux standards internationaux, son écurie bien équipée et bien gérée par des collaborateurs argentins, font de ce club une référence en la matière, autant sur le plan national qu’à l’international. Le choix des collaborateurs argentins n’est pas fortuit. Ce sont de loin les meilleurs au monde.

L’expertise avérée et les années de gestion au plus haut niveau de cette discipline ont permis à Guerrand-Hermès d’apporter une empreinte illustrée par l’ajout de critères de pratique et d’élevage à la fois rigoureux et singuliers. Il a ainsi réussi à ressusciter l’histoire de ce sport élégant au Maroc, qui a commencé avec la création par les Anglais du premier club de polo en Afrique dès 1899 à Tanger avant qu’un club marocain ne voie le jour à Casablanca en 1907.

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