Le pouvoir en Algérie: Histoire de crises successives

Depuis son indépendance, l’Algérie a vécu sous le régime du parti unique, même déguisé, avec l’armée comme principal acteur.

Ce n’est pas la première fois dans son histoire récente que l’Algérie se retrouve dans une situation pareille, à savoir un président inapte ou démissionnaire sans solution de rechange. Après la victoire du Front islamique du salut (FIS) aux législatives du 26 décembre 1991, des dizaines de milliers d’Algériens ont manifesté le 2 janvier 1992, rejetant les résultats des élections. Les hauts gradés de l’armée étaient du même avis pour ne pas dire, comme l’avait souligné la direction du FIS, qu’ils ont incité à la manifestation. Dix jours plus tard, le 11 janvier, le président Chadli Bendjedid, pressé par les militaires, donne sa démission. Le lendemain, le second tour des législatives est suspendu.

Un Haut Comité d’Etat est créé le 14 janvier. Il est présidé par Mohamed Boudiaf, qui était installé des décennies durant à Kénitra, au Maroc. Il exerce l’ensemble des pouvoirs de la présidence de la République. Le 4 mars, le FIS est dissout, la situation politique étant exécrable, la guerre civile éclate. Et le 29 juin alors qu’il prononçait un discours à Annaba, Boudiaf est assassiné. Ali Kafi, membre du HCE, lui succède le 2 juillet. Cet ancien membre de la direction de la puissante organisation des Moujahidine, ancien ambassadeur, tente, sans y parvenir, pendant deux ans de trouver une solution à une crise institutionnelle sans issue et surtout à une guerre civile qui s’est bien installée. Il remet les pouvoirs, le 30 juin 1994, au général Liamine Zéroual.

L’état d’urgence en vigueur depuis 1992 est prolongé. Le 31 octobre, le général Zeroual annonce la tenue des élections présidentielles avant la fin 1995. Les attentats se multiplient et certains deviennent même spectaculaires comme celui ayant eu lieu entre le 24 et 30 décembre à l’aéroport d’Alger, quand un commando du Groupe islamique armé (GIA) s’empare d’un Airbus d’Air France ayant à son bord 239 personnes. Les otages sont libérés par le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) français après que l’avion eût été détourné sur Marseille. Ou encore l’attentat à la voiture piégée au coeur d’Alger, devant le Commissariat central, qui a fait 42 morts et 286 blessés, le 30 janvier 1995.

Les années les plus sombres
Le 16 novembre 1995, Liamine Zeroual est élu président de la république, dès le premier tour, avec 61,01% de voix. Le 28 novembre, le projet de révision de la Constitution est adopté par référendum (85,81 % des voix), avec un taux de participation supérieur à 90%. L’opposition dénonce une manipulation. Ce texte consacre l’islam comme religion d’Etat, interdit les partis religieux et régionaux, et accroît les pouvoirs du président de la République.

Le président Zeroual crée son parti, le Rassemblement national démocratique (RND). Ce dernier emporte les diverses consultations électorales en 1996 et 1997, les années considérées comme les plus sombres et les plus sanglantes de la guerre civile.

Des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de blessés, une économie exsangue et situation sociale explosive… Un bilan lourd pour le général Zeroual, qui a dû céder sa place en 1999 à Abdelaziz Bouteflika, placé lui aussi par l’armée pour diriger le pays en tant que civil. Il a été élu le 15 avril président de la république. Il dit avoir pacifié le pays et mis en place une politique de concorde civile. Il sera réélu trois fois, dont la dernière le 17 avril 2014, alors qu’il est sur un fauteuil roulant, diminué par son AVC en 2013.

Sa quatrième réélection pour un cinquième mandat était prévue le 28 avril 2019, mais la population l’a contraint à y renoncer. Une nouvelle page dans l’histoire de l’Algérie? Plutôt une nouvelle crise.


1 commentaire

  • MOHAMED

    7 Avril 2019

    Je souhaite pour le peuple Algérien! Qui a saisi l'occasion dans un élan pacifiste et pacifique mémorable qui entrera dans son histoire transformer l'essai pour un partage des richesses. Continuer de "Revendredire" jusqu'à la victoire finale!

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