Préparation d'une loi contre les faux dentistes

Un énorme danger pour la santé publique

Le texte législatif visant à réglementer la profession est désormais entre les mains des membres de la Chambre des conseillers, après son approbation par la chambre des représentants.

La pratique dentaire au Maroc demeure l’une des disciplines médicales les mal organisées, pour ne pas dire les plus anarchiques. En effet, l’existence de 3.300 faux dentistes, chiffre effarant révélé récemment par l’Ordre national des médecins dentaires, est un cas symptomatique d’une profession désagrégée. Considéré comme un véritable problème de santé publique, ce fléau cause chaque année des dégâts importants pour les citoyens marocains. C’est peu dire que cela met leur vie en danger.

A cause de leurs pratiques moyenâgeuses utilisant du matériel vétuste et souvent non stérilisé avec le risque de survenance de maladies infectieuses graves telles le Sida ou encore l’hépatite C, ces faux dentistes sont susceptibles de causer des handicaps chroniques et, dans de nombreux cas, la mort. Sur les pancartes collées sur les murs de leurs locaux, particulièrement dans les quartiers populaires, ils s’affichent sous des titres pompeux et trompeurs comme dentiste, mécanicien dentaire, ingénieur dentiste, technicien dentiste, ou encore fabriquant de dents. Des titres confisqués par lesquels ils escroquent les Marocains avec en prime le grand danger pour leur vie.

Maladies infectieuses
Cet état de fait et cette situation pour le moins inédite ont poussé les vrais professionnels de la médecine dentaire à prendre les choses en main pour dénoncer ces charlatans. Un premier pas a ainsi été franchi: ils ont réussi à convaincre le gouvernement de préparer le projet de loi n°25-14 visant la protection de la pratique dentaire. Ce projet de loi est désormais sur la bonne voie. Après son approbation par la Chambre des représentants, il atterrit à la Chambre des conseillers pour une relecture plus économique. Voyant le danger d’une interdiction planer sur eux, les faux dentistes se sont livrés, ces derniers temps, à des campagnes de communication pour convaincre certains élus de la nécessité de leur existence, arguant pratiquer des tarifs abordables, contrairement à ceux pratiqués par les cabinets dentaires modernes. Ils mettent aussi en avant les conséquences sociales que pourrait provoquer leur exclusion. Mais, comble de l’ironie, ils ne font pas allusion aux graves conséquences sanitaires sur le citoyen, engendrées par l’exercice illégal d’une profession scientifiquement réglementée.

Tout le monde espère que cette loi constitue un blocage à leur pratique dentaire dangereuse et malsaine. Une loi qui tend à encadrer l’exercice de cette profession. Et pour que la lutte contre cette pratique illégale touche tout le pays, il importe, selon les praticiens, d’encourager les jeunes médecins dentistes à s’installer là où il y a un manque de professionnels, à travers notamment des incitations fiscales. Surtout que, chaque année, un effectif de 500 étudiants obtiennent leur doctorat en médecine dentaire. Un chiffre appelé à doubler dans les années à venir, selon le conseil national de l’Ordre national des médecins dentistes.


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