RACHID RAHA : L’amazigh est un patrimoine de tous les Marocains

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Maroc hebdo: Les premiers  résultats, présentés le 13 octobre  2015, du recensement général de la  population et de l’habitat (RGPH) de  fin 2014 fait état d’une proportion  amazighophone de la population  de 27%. Vous contestez cela dit ce  chiffre. Pourquoi?
Rachid Raha : Nous n’approuvons  aucunement la méthodologie  adoptée par le Haut-commissariat au  plan (HCP) lors du recensement. Nous  estimons que les questions posées  par les enquêteurs étaient biaisées.  L e questionnaire n’énonce  par exemple pas clairement la  question de la langue maternelle.  Cela contrevient notamment aux  préconisations de l’Organisation des  Nations unies (ONU) en la matière.  Le haut-commissaire au plan, Ahmed  Lahlimi Alami, avait même excipé, la  veille de la tenue du recensement,  de la nécessité de préserver le Maroc  de l’empire de la discorde. Pour nous  cela dit, M. Lahlimi n’a pas à entrer  dans ce genre de considérations.
Le recensement se devait d’être  réalisé en toute objectivité. Cela n’a  malheureusement pas été le cas.


Vous parlez notamment de «racisme»  à l’encontre des locuteurs de la  langue amazighe. Ne trouvez-vous  pas le terme fort cela dit?
Rachid Raha : C’est clairement du  racisme. Quand on refuse de prendre  en considération les revendications de toute une population, alors même  que la Constitution accorde désormais  un statut officiel à la langue amazighe  au même titre que la langue arabe,  on alimente le racisme. Le pire, c’est  que le HCP donne l’impression de  s’obstiner dans cette voie.  Déjà, lors du recensement de l’année  2014, il s’était rendu coupable des  mêmes abus. Il faut clairement  dénoncer cela.


Que pensez-vous par ailleurs de la  question de la constitutionnalisation  de l’amazigh? Vous aviez dénoncé,  le 29 septembre 2015, auprès du  Comité de l’ONU pour les droits  économiques, sociaux et culturels,  la politique du gouvernement en la  matière.
Rachid Raha:
Nous ne comprenons  toujours pas ce retard. Il y a  clairement un problème au niveau  du gouvernement.  Parfois, j’ai même l’impression  que c’est sciemment qu’il persiste  à vouloir repousser autant que  faire se peut la mise en oeuvre de  cet important chantier dans la vie  publique de notre pays. Nous jugeons  cela intolérable.


L’ONU partage d’ailleurs nos vues,  et n’a pas manqué de le rappeler à la  délégation marocaine.  L’amazigh ne doit pas à mon sens être  otage de considérations politiciennes.  C’est un patrimoine commun à  l’ensemble des Marocains.


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