La RAM cloue au sol ses Boeing 737 MAX-8

Deux Marocains parmi les victimes d'ethiopian Airlines

Au crash du Boeing 737 MAX-8 d’Ethiopian Airlines, deux Marocains ont succombé. Par mesure de précaution, la compagnie marocaine Royal Air Maroc (RAM) décide de suspendre ses Boeing du même modèle.

Le drame de ce dimanche 10 mars 2019 a fait 157 victimes (de 33 nationalités différentes), 149 passagers et 8 membres d’équipage. Deux Marocains comptent parmi les victimes du crash du Boeing 737 d’Ethiopian Airlines, qui assurait la liaison entre Addis-Abeba et Nairobi, et qui s’est écrasé 6 minutes après le décollage, près de Bishoftu, à 60 km de la capitale. Les deux victmes marocaines sont Ben Ahmed Chihab, directeur provincial du secrétariat d’État chargé du Développement durable à Darâa-Tafilalet, et El Hassan Sayouty, enseignant-chercheur à l’Université Hassan II de Casablanca.

Tragique incident
Tous deux devaient participer aux travaux de la 4ème Assemblée annuelle des Nations- Unies pour l’environnement, qui se déroulait du 11 au 15 mars 2019 à Nairobi. En hommage à toutes les victimes, une minute de silence a été observée à l’ouverture de cette manifestation internationale, qui a réuni 4.700 participants, dont des chefs d’Etat, ministres, chercheurs, membres de la société civile ou encore acteurs du secteur privé.

Au Maroc, le ministre Aziz Rabbah a fait un post sur Facebook le 10 mars pour révéler, le premier, l’identité des deux victimes: «Suite à l’incident tragique de l’avion éthiopien survenu le dimanche 10 mars, la famille du ministère de l’Énergie, des mines et du développement durable a perdu l’un de ses cadres, à savoir le directeur régional du Développement durable de la région de Drâa-Tafilalet, monsieur Ben Ahmed Chihab».

El Habib Choubani, président de la région Draâ-Tafilalet, a lui publié sur son Facebook une photo de Ben Ahmed Chihab qu’il avait prise lui-même au pied de la montagne Aferdo, dans les environs de Ouarzazate. Pour Choubani, Ben Ahmed était un militant pour la cause environnementale. Edile du conseil communal de Tiflet, Chihab, âgé de 60 ans le jour de sa mort, était l’un des premiers Marocains à avoir un Doctorat en environnement. Il était aussi membre du conseil national du PAM depuis 2010. Il avait co-organisé en 2014 le Congrès régional du parti à Khemisset.

El Hassan Sayouty, 62 ans, lui, était originaire de Tafraout, dans le sud du Maroc. Après un baccalauréat à Casablanca, il fait ses études à l’Université Claude Bernard Lyon1 spécialisée dans les domaines des sciences et technologies, où il décroche d’abord une maîtrise en physique générale, puis un doctorat en sciences physiques, option physique nucléaire.

Un retard fatal
C’est en 1984 qu’il commencé sa carrière en tant qu’ingénieur à la Cellule nucléaire chargée de l’étude de site et de faisabilité de la 1ère centrale électronucléaire marocaine, à l’Office national de l’électricité (ONE). Dès l’année suivante, il se tourne vers l’enseignement et la recherche scientifique sur le nucléaire à la faculté des sciences Aïn Chok, à Casablanca. Il était notamment responsable du département de physique à l’Université Hassan II de Casablanca. Il a travaillé plus de 30 ans à l’Université Hassan II. Il était aussi membre de l’AMDH (association marocaine des droits de l’homme) et membre dans l’Agence internationale de l’énergie nucléaire.

«Pr Sayouty, que Dieu ait son âme dans sa sainte miséricorde, devait assister à cette Assemblée annuelle en tant que représentant de l’Université Hassan II. Il avait raté son avion et s’est rattrapé en prenant le vol suivant à bord du Boeing 737 d’Ethiopian Airlines, m’a déclaré son épouse», confie, ému, son ami, le Pr Abderrahim Sekkaki, professeur universitaire à l’Université Hassan II. Il ajoute que le Pr Sayouty avait l’habitude de participer à des colloques et des rencontres de cette envergure en Afrique du Sud et dans d’autres pays, ayant pour objet, notamment, de débattre de l’impact des stations nucléaires sur l’environnement. Pr Sayouti était marié et père de deux enfants, un garçon âgé de 26 ans et une fille de 13 ans.

Un entretien salutaire
Aux membres des familles des deux victimes, le Roi Mohammed VI a adressé deux messages de condoléances et de compassion. Pour la compagnie marocaine Royal Air Maroc (RAM), et afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise, elle a décidé d’immobiliser son Boeing 737-800 MAX, selon une source proche de la compagnie.

Pour rappel, depuis janvier 2019, RAM est entrée en possession de deux Boeing 737 MAX 8. Si l’un n’est pas encore entré en exploitation (en attente de l’agrément de l’aviation civile européenne), le deuxième appareil, quant à lui, est en service depuis le 1er janvier 2019, reliant Barcelone à Casablanca. La compagnie va recevoir deux autres avions dans les prochains mois.

Pour l’heure, l’appareil a été envoyé en maintenance. A raison! La France, l’Italie, l’Autriche, l’Allemagne et le Royaume- Uni» ont décidé d’interdire les Boeing 737 MAX dans leur espace aérien après deux accidents de ce type d’avion en quelques mois (en octobre 2018, en Indonésie, faisant 189 morts). Plus que par précaution!.


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