Le risque des impayés

CRÉDIT BANCAIRE À LA CONSOMMATION

L’amélioration du taux de progression des crédits à la consommation destinés aux ménages ne va pas sans risques pour les banques.

Malgré la stagnation du taux directeur de Bank Al Maghrib (BAM) et la légère hausse des taux des bons du Trésor, certaines banques de la place ont revu à la baisse dès le début de 2019 leurs taux appliqués au crédit à la consommation, en même temps que ceux destinés au crédit immobilier. Ce dernier continue à représenter presque le quart (il a atteint 213 milliards de dirhams) du total de l’encours du crédit bancaire qui s’est établi, selon BAM, à 898 milliards de dirhams à fin septembre 2019, en hausse de 3,2% sur neuf mois et de 5,1% sur un an. Il a été tiré notamment par les créances diverses sur la clientèle, qui ont progressé de 9,7% à 132,29 milliards de dirhams et, dans une moindre mesure, par les comptes débiteurs et crédits de trésorerie (6,8% à 188,66 milliards de dirhams). Quant aux prêts à la consommation, ils se sont améliorés de 4,2%, pour un total de 56,15 milliards de dirhams. Seuls les crédits à l’investissement ont connu une moindre progression pour n’évoluer que de 3,2%, atteignant 177,61 milliards de dirhams. Certains analystes avisés expliquent cette orientation à la baisse des crédits à la consommation et des crédits immobiliers par l’accentuation de la concurrence et le tassement de l’activité des banques. Certes, cette nouvelle baisse des taux des crédits bancaires n’est pas générale, puisque certains établissements ont maintenu leurs grilles, qui étaient déjà, il faut le dire, avantageuses.

Des conditions avantageuses
Mais, dans un contexte de recrudescence de la concurrence et de ralentissement de l’activité, certaines banques ont poursuivi la compression des tarifs malgré la stagnation du taux directeur de BAM à 2,25% et la hausse des taux des bons du Trésor; les deux références qui servent de base de calcul des taux débiteurs. Ainsi, certaines banques ont ramené, en 2019, leurs taux fixes de 5-5,95% à 4% pour les crédits immobiliers. Bien entendu, les nouveaux taux sont standard. Autrement dit, le client peut toujours obtenir une remise en fonction de son profil.

Quant aux taux appliqués à partir du milieu de l’année 2019 aux crédits à la consommation, ils sont toujours compris entre 6,95% HT pour les bons profils et 9,95% HT pour la clientèle standard. Mais ces niveaux sont inférieurs à ceux constatés début 2018: entre 7,5% et 10,95% HT. Sur le marché, les clients peuvent trouver des conditions encore plus avantageuses, notamment en faisant appel aux courtiers en crédits qui parviennent à décrocher des taux très bas.

Pour rappel, Bank Al-Maghrib a noté, dans une de ses enquêtes semestrielles, une baisse du taux global moyen, qui est passé de 5,43% au 1er trimestre 2018 à 5,35% au 3e trimestre. Cela dit, ces taux bas et en repli depuis quelques années ne seront pas sans conséquences sur les marges des banques, déjà écrasées du fait de la concurrence et de la stabilisation du coût de l’argent. Ce qui peut constituer un risque sur le secteur, sachant qu’il a jusqu’ici affiché de bons fondamentaux. Risque d’autant plus préoccupant qu’il s’accompagne d’une forte hausse des impayés des ménages: plus 9,4%


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