Questions à Roula Clerc-Nassar, coach et fondatrice du cabinet Ellumine

"J'étais très inspirée par les femmes entrepreneures marocaines"

Vous avez récemment animé un séminaire à Casablanca, consacré aux femmes entrepreneures. Comment avez-vous vécu cette expérience?
Pour moi, j’ai vécu une expérience très motivante, presque incomparable. A vrai dire, je ne m’attendais pas du tout à un tel succès. Quand les organisateurs m’ont appelée pour animer cette conférence, je n’étais pas encore bien préparée. Mais au moment de la préparation, une forme de passion et de motivation commençait à m’habiter.

Il est vrai que j’interviens dans le cadre de ma nouvelle reconversion professionnelle pour la promotion de la place de la femme dans le monde, mais le faire dans un pays arabe comme le Maroc était pour moi une nouvelle expérience enrichissante et passionnante.

Que pensez-vous des femmes entrepreneures marocaines avec qui vous avez échangé pendant le séminaire?
J’étais très inspirée par ces femmes courageuses et entreprenantes. Franchement, ça allait au-delà de mes espérances. Ces femmes ont raconté non seulement des témoignages personnels mais des expériences humaines pleines de vie, de travail et de sacrifice. Elles ont fait preuve de beaucoup d’ambition et de détermination. Ce que j’ai admiré encore chez elles, c’est ce formidable esprit de solidarité qui les réunit pour faire face aux adversités. J’ai aussi senti un vrai désir d’utiliser les relations entre elles.

Quels sont, selon vous, les freins à l’investissement pour les femmes entrepreneures dans le monde arabe?
Il faut dire que je m’intéresse à la place de la femme dans le monde du travail en général et non pas spécifiquement à l’entreprenariat. Parmi les freins les plus importants sous contrôle, que j’ai cités dans mon intervention, la femme a toujours tendance à faire des compromis quant à ses aspirations professionnelles. Il y a aussi ce déficit de confiance en soi et de prise de risque. J’ajoute également un manque de visibilité et d’affirmation de soi. Autre frein et non des moindres: les femmes ont tendance à ne pas utiliser les relations à des fins professionnelles. La recherche du perfectionnisme est classée aussi comme un frein à l’épanouissement de la femme dans le monde professionnel. J’en veux pour explication que cette recherche du perfectionnisme conduit souvent à une faible prise de risque. S’ajoutent à tous ces freins sous contrôle d’autres freins à caractère socioculturel inhérents à la structure et à l’histoire des sociétés arabes.

Quelles sont les solutions que vous suggérez pour faire face à tous ces freins?
Comme solutions, je peux citer, par exemple, l’évolution des cultures, refaire l’individu et définir quelles sont les aspirations pour les générations futures. Il y a aussi ce travail profond et structurel qui doit être réalisé pour la rééducation des jeunes filles afin de surmonter les freins et les difficultés qui pourraient se dresser devant elles dans leur vie de femmes l


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