Saïdia et Taghazout, seules stations qui émergent du plan Azur

Un fiasco qui a la peau dure

Le bilan de la composante balnéaire du plan “Azur” de la Vision 2010 puis de la Vision 2020 est, globalement, un échec. En dehors de Mazagan, sur les 5 stations du plan Azur, deux toujours sont en cours de finalisation.

Près de 18 ans après le lancement du fameux plan de relance du secteur du tourisme par les stations balnéaires du temps du ministre istiqlalien Adil Douiri avec le fameux objectif de 10 millions de touristes à l’horizon 2010 (objectif qui n’a été réalisé qu’il y a deux ans), le bilan est faible. Sur les 128.500 lits prévus, somme toute, aujourd’hui, la capacité cumulée dépasse à peine 11.000 lits (pour 17 hôtels). Les autres stations peinent à voir le jour, faute d’investisseurs crédibles ou tout bonnement d’investisseurs pouvant consentir des fonds colossaux. Le grand problème, c’est que l’Etat n’a pas réussi à créer des destinations touristiques au lieu de rester concentré sur la station elle-même.Le rapport d’un comité d’experts (Comex), publié en 2018, a confirmé cette tendance. Le Maroc n’a toujours pas une offre balnéaire «rénovée, significative et de qualité», soulignent les experts. Selon eux, la réussite relative de Mazagan n’efface pas l’échec de Saïdia. «Ni Mogador, ni Taghazout ne peuvent encore atténuer ce constat», est-il précisé dans ce rapport.

Les mauvais choix en termes de localisation (trop éloignée, sites isolés), aménageurs inadéquats, modèle de station inadapté au Maroc…, les délais de réalisation trop longs et les fonds nécessaires élevés pour des profils de promoteurs immobiliers en sont la cause. A ce jour, seules Taghazout et Saïdia commencent à sortir de terre. A Saïdia, trois établissements hôteliers ont vu le jour, dont un (hôtel Oriental Bay Beach, 5 étoiles de 1.200 chambres) a été repris par un opérateur privé (H. Partners) et dont l’ouverture est prévue pour ce mois de juillet. Le site compte, outre une marina de 1.200 anneaux, 2 golfs (18 trous), un aquaparc (Alpamar) sur 7 ha et une médina proposant 49 locaux commerciaux.

Rentabilité des investissements
Aujourd’hui, Saïdia est opérationnelle, quand bien même ses performances restent très en deçà des niveaux permettant une rentabilité des investissements réalisés. Après un premier retrait de l’espagnol Fadasa, le repreneur, en l’occurrence le groupe Addoha, a fait face à des problèmes financiers, ce qui a contraint la Société d’aménagement de Saïdia (SAS) à se retirer du projet.

Concernant Taghazout, les difficultés financières du repreneur du projet (après le retrait des investisseurs de l’un des actionnaires, (le groupe Alliances) et son désengagement de la société SASPT, malgré son tour de table réunissant la CDG, le fonds souverain Ithmar, Sud Partners et la SMIT), le projet avance lentement. Aujourd’hui, six unités hôtelières de standing, totalisant plus de 2.800 lits sont en cours de réalisation. Il s’agit, plus précisément, de 5 hôtels (5 étoiles): Tikida Riu Argan Bay, Hyatt Regency, Fairmont, Hilton, Pickalbatros et un 4 étoiles (Marriott). Tout compte fait, ces stations sont fortement capitalistiques. Les investisseurs, qui voudraient consentir des investissements colossaux, doivent d’abord avoir une visibilité sur la destination et les efforts déployés par l’Etat et les communes pour en garantir une attractivité, tout en ayant une offre de transport aérienne et terrestre satisfaisante pour garantir de nouveaux flux. Autrement, l’échec sera encore au rendez-vous.


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