La securité n'a pas de prix !

Le budget des FAR en 2020

La paix, la stabilité et la sécurité des personnes et des biens se fondent sur des institutions, des ressources humaines et des moyens.

Dans le projet de loi de finances pour 2020, le budget de la défense nationale passe de 35,155 milliards de dirhams en 2019 à 45,438 milliards de dirhams. La hausse est importante, de l’ordre de 29%. Elle est liée à la création de 5.000 postes budgétaires supplémentaires, à l’imputation de la nouvelle charge des 15.000 conscrits incorporés en août 2019 ainsi qu’à une revalorisation des salaires. Il faut y ajouter que ce département a la possibilité d’engager des dépenses pour les réquisitions prévues en 2021, une procédure ouverte d’ailleurs à de nombreux autres ministères. C’est un grand programme de modernisation et d’équipement inscrit dans un programme quinquennal qui doit être réalisé dans les années à venir et qui a déjà eu des réalisations lors de la présente décennie.

Au plan global, le secteur sécuritaire, dans toutes ses composantes civiles et militaires, mobilise pour 2020 une enveloppe de plus de 77 milliards de dirhams. Le ministère de l’Intérieur se voit affecter des crédits de 31,6 millions de dirhams, soit 6,6 millions supplémentaires par rapport à 2019. Cette priorisation accentuée dans cette double direction -militaire et sécuritairen’est ni le résultat d’on ne sait trop quelque lobby «militaro-industriel» comme l’on en trouve aux Etats-Unis surtout mais également sous d’autres latitudes. Elle participe en effet d’une autre préoccupation régalienne, de souveraineté donc: celle de la sécurité nationale. Au dedans et au dehors. En interne, la paix, la stabilité et la sécurité des personnes et des biens ne sont pas un acquis définitif de la société, au Maroc et ailleurs. Elles se fondent sur des institutions, des ressources humaines et des moyens et ce dans le cadre de l’Etat de droit et du respect du principe de légalité. Dans le monde passablement secoué par les crises et les violences, terroristes ou non, l’Etat doit se défendre et se doter des moyens les plus opératoires.

Le Maroc n’est pas, on le sait, à l’abri des menées entreprises par des groupements extrémistes invoquant fallacieusement de prétendus motifs religieux. «Leur» islam est une hérésie, en violation des préceptes coraniques de tolérance, de paix et de fraternité. Comment, dans ces conditions peut-on chipoter sur des crédits budgétaires appropriés pour un corps sécuritaire mobilisé, avec efficacité et dévouement, dans l’accomplissement de sa mission? Pour ce qui est maintenant de la défense nationale, les défis à remporter sont d’une dimension encore plus grande. C’est qu’en effet depuis plus de quatre décennies, le Maroc est confronté à une situation exceptionnelle dans ses provinces méridionales récupérées en novembre 1975. L’hostilité est là, dans toutes les frontières terrestres, avec un voisin comme l’Algérie qui abrite à Tindouf un foyer d’un mouvement séparatiste transmutant, combinant des slogans de propagande avec des activités de grande criminalité. S’y surimpose depuis ces dernières années, le sanctuaire que ses camps de «refugiés» offrent à des réseaux terroristes repliés sur ces lieux depuis le Proche-Orient et la Libye. Ce qui n’a pu qu’aggraver la situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien.

Il faut encore y ajouter la protection de la rive méditerranéenne, du détroit de Gibraltar, de la façade atlantique de Tanger jusqu’à Lagouira. Des espaces de dizaines de milliers de kilomètres carrés et de milles nautiques où une veille continue est assurée pour garantir la protection du Royaume. N’est-ce pas là la mission première de l’armée que la défense et le maintien de l’ordre dans le pays, la sécurité de l’Etat et la protection des populations et des territoires vis-à-vis d’une menace extérieure? Cette mission intègre également, avec des forces spécialement dédiées, des missions de sécurité intérieure ou de police avec des forces de la gendarmerie royale et paramilitaires. Enfin, elle participe à la mise en oeuvre d’autres politiques publiques (sécurité civile, santé publique, protection de l’environnement).

Des missions découplées d’ailleurs à l’international depuis 1960 avec le contingent des Casques bleus au Congo puis sur d’autres théâtres d’opérations. L’expression de l’engagement du Royaume à faire respecter la légalité internationale et faire montre de son attachement au règlement pacifique des différends et des tensions dans le monde.


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