Selon l'AMMC, les produits locaux n'emballent plus les consommateurs marocains

Khalid Baddou, président de l’AMMC Khalid Baddou, président de l’AMMC

Si les produits «Made in  Morocco» sont bien appréciés  en Afrique, ils ne le sont  plus beaucoup au Maroc. C’est ce  qui ressort d’une étude réalisée  par l’Association Marocaine du  Marketing et de la Communication  (AMMC), que préside Khalid Baddou.  En effet, sur un échantillon de plus  de 1.000 participants, seuls 40% des  Marocains interrogés par l’AMMC  ont formulé une appréciation  positive du «Made in Morocco».

Une grande partie des participants  ont en effet une appréciation plutôt  neutre ou négative, invoquant «le  manque de stabilité et d’uniformité  des produits locaux, le manque  d’innovation, l’inefficacité du service  après vente, la valeur réelle des  produits et la projection des marques  dans le futur», indique l’AMMC dans  un communiqué. A part les produits  issus de l’artisanat, qui plaisent  toujours autant, puisque 76% des  participants les apprécient pour leur  raffinement et leur haute qualité,  «les Marocains sont critiques quant  à leur perception du label Maroc.  Ils pensent , à un taux de 60%, que  les produits et services proposés par  les entreprises nationales ne sont  pas forcément de grande qualité»,  souligne l’étude de l’AMMC.

Une stratégie de promotion
A part, aussi, les 1.200 participants  à une enquête similaire, issus de pays d’Afrique francophone, d’Afrique  subsaharienne et du Maghreb qui, à  73%, confirment que les produits  labélisés au Maroc sont de bonne  qualité et que 75% des entreprises  marocaines délivrent des services de  qualité. Un potentiel que représente  la région subsaharienne pour les  exportations marocaines, souligne  Khalid Baddou, président de l’AMCC.  Aussi ne manque-t-il pas de préciser  que «cette étude n’est qu’un début  d’une série de réflexions…». En  effet, au-delà des pays d’Afrique et  du Maghreb, «la prochaine étape  consistera à élargir cette enquête  aux autres régions du monde pour  analyser l’image du Maroc. Le but  n’est autre que de présenter des  recommandations pour la mise en  place d’une stratégie «Label Maroc»  pour promouvoir l’image du pays dans  le monde».

Néanmoins, cette stratégie n’atteindra  son but que si le produit local est  suffisamment valorisé. Or, jusqu’ici,  à part quelques exceptions touchant  aussi bien les produits de l’artisanat  de luxe, quelques produits du terroir  ou même des produits dits «halal», ni  l’Etat ni les opérateurs n’encouragent,  pour ne citer que cet exemple, le  tourisme local de la même manière  que le tourisme international.

Même s’ils ont le même prix que  les produits étrangers, les produits  fabriqués localement n’attirent  plus les consommateurs marocains,  devenus de plus en plus exigeants.  Faute de la qualité requise. La balle  est, désormais, dans le camp des  entreprises marocaines, qui doivent  tout faire pour contrecarrer une  concurrence internationale de plus  en plus agressive. Une question de  survie.

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