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Souad Sbai, l’extrême droite décomplexée

Souad Sbai - © Ph : DR Souad Sbai - © Ph : DR

Tous les chemins mènent,  décidément, à Rome. Cet  adage, l’italo-marocaine  Souad Sbai doit bien  l’avoir en tête, elle qui s’apprête  à briguer la mairie de la capitale  de l’Italie. Son parti, la Ligue  du nord, a décidé d’en faire sa  tête de gondole dans la perspective  des élections municipales  anticipées romaines, prévues le  printemps 2016. Un choix qui en a  étonné plus d’un, sachant bien les  positions extrémistes de la formation,  qui fait partie de “l’Europe des  nations et des libertés”.


Ce groupe politique du Parlement  européen compte à sa tête la présidente  du Front national, Marine Le  Pen, et le député européen néerlandais  Marcel de Graff, deux des plus  importantes figures de l’extrême  droite sur le Vieux continent. A côté,  le nom, quelque peu, “exotique”  de Mme Sbai ferait presque tache  d’huile. Mais c’est mal la connaître.  Et surtout, mal connaître son parcours.  Âgée de 54 ans, cette native  de la ville de Settat, dans la province  éponyme a, quasiment, depuis  son acquisition de la nationalité italienne en 1981, choisi d’épouser  une carrière politique au sein de  la droite. Elle a, notamment, longtemps  fourbi ses armes à Forza Italia,  le parti de l’ancien président du  Conseil des ministres d’Italie, Silvio  Berlusconi.


Positions controversées
Mme Sbai a, d’ailleurs, sous ses couleurs,  été élue, en 2008, députée,  pour la circonscription des Pouilles,  à la Chambre des députés, chambre  basse du Parlement de la République  italienne.

Elle l’avait, cependant, quitté à  grand fracas, en 2010, dans le sillage  d’une scission orchestrée par  l’ancien président de la Chambre  des députés, Gianfranco Fini. C’est mi-2014 qu’elle avait décidé de  rallier la Ligue du nord. Un choix  cohérent, en quelque sorte, dans  la mesure où certaines de ses positions,  jugées controversées même  en dehors de la communauté  marocaine d’Italie, ne pouvait  que la rapprocher du parti d’extrême  droite. Ainsi, à plusieurs  reprises, elle a fait part de son  opposition à la construction de  mosquées dans la Botte.


Elle a, par ailleurs, fait de la lutte  contre le port du voile son cheval  de bataille. A ses yeux, le “hijab”  humilie la femme musulmane.  Cette thématique de l’islam et  de la femme est, à ce titre, prégnante  chez elle depuis belle  lurette. Elle lui avait, en grande  partie, consacré sa thèse de doctorat,  qu’elle avait obtenue en 2005  à l’Université de Naples II. Par la  suite, elle avait été nommée au  Conseil de l’islam italien, dépendant  du ministère de l’Intérieur.


Dans les rangs de la Ligue du Nord,  l’on ne peut pas dire que le choix de  Mme Sbai fasse l’unanimité. Dès le  mois de février 2015, le parti avait,  lors d’une grande marche, rappelant  la Marche sur Rome, en 1922,  des Faisceaux italiens de combat,  fait part de son intention de prendre  la Ville éternelle. Pour l’aile raciste  de la ligue, Mme Sbai ne serait pas,  de par ses origines, la candidate  idoine. Celle-ci a, cependant, le soutien  du secrétariat fédéral, en la  personne du député européen Matteo  Salvini, qui a lui-même choisi  d’annoncer la candidature de la  Chaouie.


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