La télé espagnole fait dans la désinformation

L'ESCOBAR DU MAROC ÉTAIT UN GARDIEN DE VOITURES

Celui que la chaîne espagnole Cuatro s’est vantée de l’avoir interviewé, surnommé “Le Pablo Escobar du Maroc” s’est avéré être un gardien de voitures dans un parking à Tanger. Histoire d’une émission de désinformation espagnole.

Incroyable mais vrai. L’émission présentée comme étant un scoop médiatique et une rencontre exclusive avec un grand baron de la drogue marocain a été finalement un montage traficoté par les responsables et les journalistes de la chaine espagnole. Et pourtant, l’émission a été largement suivie, notamment sur les réseaux sociaux où la vidéo de l’interview a circulé. Voici d’abord comment l’émission a été présentée.

Les caméras de la chaîne de télévision espagnole Cuatro sont parties à la rencontre du «Pablo Escobar marocain» à Tanger, un surnom que le dealer a choisi lui-même. Ses hommes donnent rendez-vous au journaliste dans une maison abandonnée, près d’un cimetière, dans la région de Tanger. Des individus armés font le guet tandis que le trafiquant, qui ventd tout type de drogue, notamment le karkoubi, se confie à visage masqué à la chaîne espagnole. Il affirme que la drogue qu’il vend, principalement du clonazépam, provient des pharmacies espagnoles. Les comprimés sont achetés 15 à 17 dirhams pour être revendus à 55 dirhams sur le marché marocain. Par mois, il affirme vendre à peu près 36.000 comprimés. Au total, il empocherait plus de 180.000 euros mensuellement grâce à ce commerce illégal.

Une affaire fomentée
Présenté comme «intouchable», l’histoire de ce baron a été insolente à l’égard du dispositif sécuritaire du Royaume, cité comme l’un des plus performants au monde, ce qui a fini par faire réagir la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), dont les recherches ont permis d’identifier le présumé «baron», qui n’est qu’un gardien de voitures dans un parking. Ses fausses déclarations avaient été données suite aux incitations de l’équipe de presse espagnole, qui lui a fait croire qu’il s’agit du tournage d’un film qui traite de la vie d’un baron de la drogue en contrepartie d’une somme d’argent de 2.000 dirhams.

Aussi, un individu de la ville de Sebta, qui accompagnait l’équipe de presse espagnole lors du tournage et qui a proposé le gardien de voitures pour jouer le rôle du «présumé Baron», a été arrêté. L’équipe des journalistes espagnols lui a fait croire qu’ils s’activent dans une association civile anti-toxicomanie et qu’ils ont besoin d’inventer un scénario pour pousser les donateurs à financer leur association fictive. La chaîne espagnole Cuatro risque une poursuite judiciaire de la part de l’État marocain.

Car ce n’est pas la première fois qu’une chaîne de télévision espagnole baigne dans la désinformation pour ternir l’image du Maroc. Le 12 novembre 2010, Antena 3 avait diffusé une photo montrant les corps de quatre membres d’une famille marocaine tués en janvier 2010 par un déséquilibré mental à Casablanca et que la chaîne espagnole avait présenté comme étant des victimes des événements de Gdim Yzik (Laâyoune) en novembre 2010.

La chaîne a été condamnée par le tribunal de première instance de Bruxelles à verser 215.000 euros en réparation des préjudices moral et matériel causés à la famille marocaine. Décidément, les médias espagnols n’en sont pas à leur première tentative.


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