LES TOILETTES PUBLIQUES À L'HONNEUR

JOURNÉE INTERNATIONALE

Il est impensable que des métropoles marocaines, grandes destinations touristiques, ne disposent pas de toilettes publiques.

Je vous vois d’ici ricaner sous cape; ou vous boucher le nez pour dire que le sujet n’est pas digne d’un débat public et qu’en plus ça sent mauvais. À dire vrai, le sujet n’est pas seulement sérieux, il a un rapport de cause à effet avec une brochette de maladies qui auraient pu être évitées. C’est tellement important que l’ONU lui a accordé l’une de ses précieuses journées, en l’occurrence le lundi 18 novembre 2019; désormais réservée aux toilettes publiques et à tout ce qui en découle. Comme vous ne l’avez certainement pas remarqué, pas plus que moi-même, il existe au Maroc une association chargée, entre autres, dans le même cercle d’activité et la même nature d’action, du manque intolérable de toilettes publiques au Maroc. Les touristes ne s’attendaient pas à ce qu’il en soit autrement; ils font le nécessaire avant de quitter l’hôtel.

Quant aux nationaux, ils s’y sont tellement habitués qu’ils s’adressent au café le plus proche pour utiliser des toilettes déjà en piteux état. Le risque d’y attraper une maladie est encore plus grand. Imaginez un seul instant une vérité de toujours; aucune des grandes métropoles; qui plus est, grandes destinations touristiques, ne dispose de toilettes publiques, telles Marrakech et Fès. Les données chiffrées livrées par l’association dédiée à cette tâche sont un peu plus qu’alarmentes. Plus de 38% des habitants ruraux ne disposent pas de toilettes chez eux; pas plus que d’un quelconque équipement à caractère sanitaire. Plus grave encore, ceci est le cas dans 6 mille écoles publiques. Les enfants n’ayant pas les moyens de se défendre par eux-mêmes, répondent à ce manque d’équipement vital en quittant un espace insalubre en guise d’école. C’est ce qu’on appelle, à tour de bras, «la déperdition scolaire». Ceci pour dire que l’autorité publique marocaine ne semble pas s’occuper de cette réalité malheureuse. Pour éviter d’y être confrontée sur le terrain, les gouvernementaux préfèrent passer leur chemin de cadres sédentaires. Un comportement qui coûte cher en terme de développement humain.

Il y a des sujets, aussi graves soient-ils, auxquels le bon peuple répond par un silence assourdissant. Les toilettes publiques inéxistantes, on le déplore par un bref échange d’indignation, puis on s’en va. Il n’empêche que des responsabilités soient vite désignées, à savoir les élus locaux et les services administratifs concernés. À ces derniers, il faut d’abord cesser de leur chuchoter à l’oreille la gravité de cette situation; mais le crier à leur aimable attention. Car ce type de problème est inscrit à la case «h’chouma» de notre grille culturelle. Alors on en parle à voix basse par «pudeur». Une «mise à jour» sans hypocrisie voltairienne. Une évolution nécessaire que l’ONU a prise en compte à partir de trois mots clés; «dignité, sécurité et droits de l’Homme». L’ONU a certes ratissé large, comme d’habitude; mais les principaux paramètres mis à contribution sont saufs. Honneur suprême pour des toilettes publiques.


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