Traitement royal pour la ville de Fès

Des monuments et des pratiques rituels nous parlent de notre histoire

La médina de Fès, fleuron du patrimoine national, se restaure et se revalorise. Sous l’impulsion active de SM Mohammed VI, le ton est donné, la cadence aussi.

Une visite bien menée de la ville de Fès, particulièrement sa médina, ressemble à un voyage dans le temps. Un périple intramuros où le passé, rétabli dans ses devoirs de mémoire, est résolument tourné vers un avenir immédiat et durable. C’est dans cet esprit que s’inscrit la visite de S.M. Mohammed VI à la capitale spirituelle du Royaume, le lundi 15 avril 2019. Lorsqu’on voit le sSouverain arpenter les ruelles de cette vieille cité, on s’aperçoit d’emblée qu’il y a eu du travail à l’amont susceptible de compte rendu d’étapes et des réalisations passibles d’évaluation par rapport aux engagements pris, à l’aval. Le Souverain s’arrête souvent pour saluer la main tendue des artisans et pour s’enquérir des projets établis et de leur degré d’avancement ou de finalisation.

Gouvernance de proximité
Cette méthode de supervision sur le terrain, caractérisera la gouvernance de proximité de S.M. Mohammed VI. Le ton est donné, la cadence aussi. Il s’agit de la réhabilitation de 27 monuments historiques qui constituent la carte d’identité d’une ville ancestrale et promettent un regain d’activités pourvoyeuses de revenus et de conditions de vie décente. On est loin d’une posture béatement admirative. Six sites à forte charge d’histoire sont ciblés; les fondoukes, les médersas, les kissariats, les mosquées, les bibliothèques et les mausolées. Sans être exhaustive, la liste n’est pas définitivement fermée. Ce n’est qu’une étape; il y aura d’autres réaménagements à tout point de vue; d’ores et déjà prévus au programme.

Des trésors de savoir-faire
Au fil du temps présent, chacun de ces monuments finit par devenir indissociable des autres, sous un regard d’ensemble toujours renouvelé au rythme des générations successives et de l’effet de l’environnement. Pour tout dire, ces monuments sont constitutifs de notre identité nationale. Il n’y avait pas d’autres manières de leur rendre la politesse d’exister que de les entretenir pour mieux les transmettre dans un parfait élan de continuité historique.

Aussi nécessaire soit elle, cette rénovation n’est pas une fin en soi; pas plus qu’elle ne ressuscite que pour elle-même ou pour une bureaucratie tapie dans les antennes administratives. L’opération rénovation participe d’une démarche d’ensemble qui a pour objectif la dynamisation économique et sociale. La médina en avait bien besoin. Elle subit les effets pervers d’un mal-développement national. Fès-ville et sa région n’ont rien à envier au reste du pays, eu égard à la multitude des problèmes économiques et sociaux, particulièrement dans le domaine de l’emploi et ses attenants directs en terme de chômage.

La médina a des potentialités et des spécificités qui peuvent lui permettre de faire mieux que partout ailleurs. Tous les métiers qui ont toujours gravité autour de l’artisanat viennent d’être remués par une revalorisation de leur vocation première et une révision de leur fonctionnement actuel.

Reprise en main du patrimoine
Un secteur qui recèle des trésors de savoir- faire aisément commercialisables ici même comme à l’étranger. Pour que cette réalité soit opératoire, il a fallu insuffler un zeste de modernité sans remise en question de son aspect traditionnel qui est lui-même un élément d’attractivité pour des visiteurs étrangers ou nationaux. C’est effectivement ce qui est en cours de réalisation.

À l’évidence, lorsqu’un mode de gestion est bon pour l’artisanat, il ne peut être que bénéfique pour les médersas. Ces instituts d’études théologiques parmi les plus anciens et les plus connus au niveau mondial, telle la Bouanania, Assaffarine, Sbaiine ou encore Al Qaraouine, fleuron du système universitaire et du savoir fondamental. Comme chacun sait, elle a été pour beaucoup dans la formation d’une certaine élite nationale du calibre de Allal El Fassi. Avec des fondouks, des kissariats, des hammams et des médersas, de plusieurs siècles d’âge, la ville de Fès ne fait que renforcer son enracinement historique. Tous ces établissements, quasiment uniques dans leur genre, ont été intégrés dans le processus de rénovation en cours, sans être dépouillés de leur cachet originel. L’un des moments forts de cette grande opération de reprise en main du patrimoine national, a été la restauration de la synagogue Slat Al Fassiyine, du côté d’Al Mellah, en pleine médina, datant du 16ème siècle. Un monument historique classé par l’UNESCO. Il fait partie des quatre synagogues de Fès les plus fréquentées par la diaspora d’origine juive disséminée de par le monde. Ils sont 60 mille à venir chaque année se recueillir sur les tombes de leurs ancêtres.

Aux alentours de la ville de Fès, le programme de réhabilitation a également concerné les thermes de Moulay Yacoub, qui drainent un nombre important de touristes en quête de cure de remise en forme. Le groupe français Vichy Thermalia a d’ailleurs ouvert un hôtel pour offrir tous les soins thermaux. La dynamique d’un partenariat sans frontières est en marche. Après Fès, d’autres lieux de mémoire et de patrimoine suivront.


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