Deux tremblements de terre à Midelt

Une gestion d'alerte toujours lente !

S’il y a eu plus de peur que de mal, encore une fois, les tremblements de terre qui ont touché Midelt ont montré que la gestion de risque et d’alerte contre les catastrophes naturelles demeure toujours centralisée.

A Midelt, ville située entre le Moyen et le Haut Atlas, des tentes abritent encore des habitants de la région effrayés dont les maisons ont été sérieusement endommagées dans la journée du dimanche 17 novembre 2019 par deux tremblements de terre. Aucune maison ne s’est effondrée. Aucune victime n’est à déplorer. Le réseau national de surveillance sismologique et d’alerte de l’Institut National de Géophysique a indiqué dans un bulletin d’alerte que la première secousse, d’une magnitude de 5,3 degrés sur l’échelle de Richter, s’est produite à 9h39 min 7 s (GMT+1). La secousse ressentie est d’une profondeur de 4 kilomètres, d’une latitude de 32 570°N et d’une longitude de 4 167°W, précise l’ING.

Intervention des secours
La seconde, d’une magnitude de 5,1 degrés sur l’échelle de Richter, a été enregistrée à 15h39 min 6 s (GMT+1). La profondeur de la secousse ressentie est, elle, de 2 kilomètres, d’une latitude de 32 588°N et d’une longitude de 4 216°W. D’ailleurs, le second tremblement de terre a été filmé par la chaîne de télévision 2M, en présence des autorités locales.

Les images des murs et plafonds fissurés partagées sur les réseaux sociaux et par la chaîne 2M ne sont pas rassurantes et témoignent de la force des secousses. Les habitants ont peur de regagner leurs habitations en attendant qu’elles soient inspectées pour savoir si elles sont sûres ou doivent rénovées. S’il y a eu plus de peur que de mal, ce séisme interroge sur la gestion au Maroc des catastrophes naturelles puisque encore à ce jour, dans ce genre de ces événements naturels, l’alerte donnée par l’Institut national de géophysique a dû être transmise à l’administration centrale à Rabat avant d’atterrir dans les bureaux des responsables provinciaux, les plus concernés, en vue d’une réaction urgente. Du temps perdu qui peut coûter gros.

C’est dire que cette centralisation peut s’avérer fatale. Car la rapidité de l’intervention des secours est déterminante pour sauver des vies humaines dans ce genre de catastrophes. Il paraît que la leçon d’Al Hoceima en 2004 n’a pas été bien assimilée. Petit rappel, toujours utile : en 2004, la lenteur des secours après le tremblement de terre d’Al Hoceima a fait plus de victimes : 571 morts et 405 blessés. Ce n’est pas tout : environ 5000 personnes s’étaient retrouvées sans-abri. Ce lourd bilan avait suscité la colère de la population de la région. Des manifestations de protestation avaient été organisées pour fustiger la lenteur des aides apportées à la région frappée par le séisme. La gestion catastrophique du séisme et de l’après-séisme d’Al Hoceima a coûté leurs postes à de hauts responsables et même des ministres. Combien fautil alors attendre pour adopter la bonne attitude ?


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