Que veut-on faire de l'école publique?

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La texte de la loi-cadre pour la réforme de l’enseignement a été transmis à la Commission de l’enseignement de Chambre des représentants. Va-t-on enfin traiter les vrais problèmes du système éducatif ?

Parmi les projets phares de la rentrée parlementaire figure la loi-cadre pour la réforme de l’enseignement. Le texte a été transmis à la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication de la première Chambre du Parlement. Son examen interviendra au cours de la troisième semaine de septembre. Ce texte, qualifié de stratégique, ne manquera pas de raviver des passions sur des questions aussi sensibles que celle de l’enseignement des langues, surtout avec la polémique actuelle sur la darija, ou celle des frais d’inscription. Sans oublier de diagnostiquer l’enseignement préscolaire, qui constitue une étape déterminante dans la vie scolaire des enfants. Les parlementaires seront-ils plus vigilants pour ne pas tomber dans les discussions stériles et traiter les vrais problèmes dont souffre le système éducatif?

Anxiété face à l’avenir
Seront-ils plus soucieux de la qualité de l’instruction inculquée à nos citoyens en herbe en démontrant une conscience aiguë de l’enjeu socio-politique et culturel que représente le choix de la langue d’enseignement sur l’avenir de la nation? Seront-ils à la hauteur des exigences d’une éducation moderne qui éviterait à nos élèves et à nos étudiants de vivre cette anxiété face à un avenir plus qu’incertain? De ces réponses dépendra la qualité ou non de ce débat d’actualité autour de la réforme de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire ou supérieur.

Reste que pour ne se limiter qu’à l’enseignement supérieur, le constat fait par tous les observateurs est que ce dernier ne parvient pas à se trouver une stratégie d’efficience. C’est un secteur qui souffre de plusieurs maux, notamment en termes de gouvernance, de financement et de ressources humaines. Soit autant de défis que nos parlementaires doivent prendre au sérieux.

Au-delà de la question des frais d’inscription, ce qui doit être mis en évidence, c’est le fait que les modalités d’accès à l’université doivent être repensées, notamment dans une optique d’accessibilité et de performance. Peu autonome et en mal de financement, l’Université se trouve confrontée à de multiples défis, parmi lesquels, de l’avis même de Khalid Samadi, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur celui de la massification et de la qualité. Deux défis qui, bien que difficiles à relever, n’en demeurent pas moins réalisables.

Néanmoins, bien que depuis une dizaine d’années le Maroc continue d’enregistrer une augmentation exponentielle du nombre d’étudiants qui accèdent à l’enseignement supérieur chaque année, il n’en reste pas moins que notre pays reste encore loin des normes internationales et régionales. C’est dire l’ampleur de la tâche à accomplir non seulement en termes d’équipements et d’infrastructures mais aussi en termes financiers.

Mais, à supposer que le Maroc puisse faire face avec succès à ces défis quantitatifs, il reste que le plus grand défi auquel doit faire face notre système éducatif est plus que jamais d’ordre qualitatif. L’ouverture au digital et un effort continu en matière d’innovation restent les maîtres mots quant à l’avenir de notre université publique.

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