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VICTIMES "COLLATÉRALES"

Suicide d'un adolescent de 14 ans à Gaza

SUITE AUX BOMBARDEMENTS ISRAÉLIENS, HAMZA PERD SA MÈRE ET SES DEUX FRÈRES. IL SE JETTE DANS LE VIDE.

Comment se fait-il qu’un adolescent dans la fleur de l’âge en arrive à mettre fin à ses jours? Hamza avait à peine 14 ans lorsqu’il a commis cet acte grave, sans retour. Il s’est jeté par la fenêtre du 8ème étage d’un immeuble de Gaza, le vendredi 10 mai 2019. Même si l’histoire de Hamza est finalement celle de bon nombre de Palestiniens de son âge, la sienne est quelque peu particulière. Elle est le produit d’une série noire familiale. Lors du massacre de 2009, son petit frère est mort sous ses yeux dans un bombardement israélien alors qu’il jouait au foot à l’extérieur. Trois années plus tard, c’était au tour de son grand frère, tué lors d’un raid aérien en 2012.

L’extinction de la famille continue d’un raid à l’autre. Les bombardements dits ciblés n’ont pas cessé, sauf peut-être pour une pause-café des pilotes israéliens. On remarquera après coup que Hamza s’était beaucoup rapproché de sa mère, quitte à coucher auprès d’elle. Lors du dernier arrosage de l’aviation israélienne en ce mois de mai 2019, Hamza, pourtant habitué, a pratiquement paniqué. Il criait de toutes les larmes de son corps. Sa mère venait d’être tuée.

En somme, toute une cellule familiale décimée, à l’exception du père et de Hamza, non pas épargnés au hasard d’un «ciblage aveugle»; mais qui doivent juste ruminer l’idée fixe du genre «à charge de revanche». Ce qui se passe en réalité, dans le feu d’un affrontement inégal, c’est la mutation d’une vraie victime en revanchard prêt à exploser à tout moment, prêt à faire le maximum d’autres présumées victimes de l’autre côté de la barrière. Ainsi fonctionne le cercle infernal du conflit israélo-palestinien.

Entre suicides aboutis et tentatives de suicides ratés, la proportion de jeunes est de plus en plus importante. Les statistiques, pour ce cas d’espèce, sont parcimonieuses, comme si les pouvoirs israéliens avaient honte de les étaler sous les yeux du grand public. Il en ressort malgré tout que les tentatives de suicide, toutes tranches d’âge confondues, ont enregistré 226 cas en 2010 et 624 en 2015; sans compter les faits similaires non signalés. C’était prévisible, la tendance est constamment à la hausse. Dans le contexte actuel, après chaque bombardement, il n’y a même pas de quoi s’occuper des blessés atteints de traumatismes morphologiques, qui ne peuvent attendre. Quant à ceux qui ont subi un choc tel qu’ils ont perdu leur équilibre mental, voire leur instinct de vie, ils repasseront. Encore faut-il qu’ils soient médicalement identifiés, La priorité, c’est les autres. Ceci pour dire que les nombreux cas de troubles mentaux aboutissant au suicide sont liés à ce même milieu environnemental et à un vécu d’occupation et de brimades. Hamza était peut-être médicalement perturbé, mais pas fou


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