Victoire du Maroc à Madrid

Élections législatives espagnoles

Le Maroc s’arrange sans doute bien des résultats des législatives espagnoles du 28 avril.

De ce côté-ci du détroit de Gibraltar, le scrutin législatif espagnol du 28 avril 2019 a sans doute été suivi de très près, tant les relations avec le voisin ibérique pèsent lourd dans l’échiquier diplomatique régional. Et, on l’imagine, la victoire (123 sièges au Congrès des députés, près de deux fois plus que son premier poursuivant, le Parti populaire (PP), 66 sièges) du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a sans doute dû ravir Rabat. En effet, cette dernière semble parfaitement s’arranger de la présence au pouvoir de ce parti, alors que les craintes étaient vraisemblablement de mise quant aux intentions de son actuel leader et président sortant du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à l’endroit du Maroc.

«El Guapo», c’est-à-dire le beau dans la langue de Cervantès, comme on le surnomme dans la presse espagnole, s’était ainsi rendu coupable, en novembre 2011, d’un rapport au vitriol sur le processus électoral marocain, qu’il avait observé pour le compte de l’Institut démocratique national pour les affaires internationales (NDI) américain, selon ce que révélait le 27 avril le média espagnol OK Diario.

Mais qu’il ait tenu en estime, avant d’atterrir à la Moncloa, le Maroc ou pas, qu’il ait même été animé de sentiments franchement hostiles à son encontre et à l’encontre de ses institutions importe peu, dans la mesure où finalement, il s’est avéré un allié de premier ordre pour le Royaume sur la scène internationale. Ainsi, dans les jours ayant précédé les élections, il avait tenu à mettre en exergue, dans une tribune publiée par la revue espagnole Politica Exterior, la «dimension humaine et stratégique» des relations maroco-espagnoles et avait qualifié les deux pays d’«amis qui coopèrent étroitement dans des domaines prioritaires». «Le progrès et la prospérité du Maroc constituent un élément décisif pour la stabilité de la Méditerranée occidentale et en particulier pour l’Espagne,» avait-il, en outre, salué.

Deux pays amis
Des propos qui ne manquent pas de rappeler ceux qu’il avait tenus en novembre 2018 lors de la visite de 24h qu’il avait effectuée dans le Royaume en compagnie de son ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, et son secrétaire général des Affaires internationales, José Manuel Albares, et où il avait martelé, lors de la conférence qu’il avait donnée à Rabat avec le chef du gouvernement marocain Saâd Eddine El Othmani, que «l’Espagne et le Maroc ne sont pas que des pays amis et voisins, mais surtout des partenaires stratégiques». «Les deux gouvernements partagent la même vision sur les moyens de faire face aux défis communs», avait ajouté le chef de l’exécutif espagnol.

A noter la percée de Vox, parti d’extrême droite qui s’est surtout illustré par la proposition de son président Santiago Abascal de faire financer par le Maroc un mur autour des présides occupés de Sebta et Melilla. Pour sa troisième participation à des élections après décembre 2015 et juin 2016, cette formation a obtenu 24 sièges.


Laisser un commentaire