Y a-t-il quelqu'un pour sauver le PAM ?

L'APPEL DES CINQ SAGES

Cinq fondateurs du PAM, dont trois de ses anciens secrétaires généraux, se sont fendus d’une lettre pour appeler l’actuelle direction du parti à la raison et ainsi, autant que faire se peut, sauver les meubles.

De prétendant au pouvoir à cuisant échec, il n’y a finalement qu’un pas que le Parti authenticité et modernité (PAM) est, visiblement, en train de franchir. Depuis le retrait d’Ilyas Elomari, en août 2017, du poste de secrétaire général, et son remplacement sept mois plus tard par le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchemmas, le parti semble au fur et à mesure s’éloigner de ses ambitions d’antan de déloger le Parti de la justice et du développement (PJD) du gouvernement. Les fondateurs du parti eux-mêmes n’en pensent pas moins. Dans une lettre conjointe datée du 18 avril 2019, trois de ses anciens secrétaires généraux, à savoir Hassan Benaddi, Mohamed Cheikh Biadillah et Mustapha Bakkoury, ainsi que Mohamed Benhammou et Ali Belhaj, qui firent tous deux partie du Mouvement de tous les démocrates (MTD), lequel allait déboucher en juillet 2008 sur le PAM, tirent ainsi la sonnette d’alarme sur «l’aggravation de la situation (...) et la détérioration du climat et des rapports au sein de ses instances dirigeantes».

Des visées égoïstes
Selon eux, le parti serait en proie à «l’insignifiance et à la futilité des comportements qui ne sont inspirés que par des calculs opportunistes et des visées égoïstes» -ils ne précisent pas de quels comportements il s’agit. Dans ce sens, ils proposent d’«intervenir, en toute sagesse et en toute sérénité, pour aider à ramener le projet vers son positionnement originel, qui a été clairement défini au moment de la création du parti, et ce en parfaite harmonie avec les potentialités et les aspirations du parti que ce soit au niveau national ou régional». Pas sûr que cela suffise pour sortir le PAM de la mouise. Le jour même où le groupe des cinq sortait donc sa lettre, une polémique éclatait sur fond d’un coup de tête que M. Benchemmas aurait reçu de la part du député de Rabat-Chellah, Sidi Brahim El Joumani, en guise de protestation contre sa non-désignation dans l’appareil dirigeant du groupe parlementaire du parti. Si les deux hommes n’ont pas voulu s’épancher davantage à ce sujet et qu’il est donc difficile de démêler l’écheveau, il n’en reste pas moins que le conseil national, prévu le 5 mai, ne se présente pas sous les meilleurs auspices.

M. Benchemmas devra batailler dur pour redonner un semblant d’unité au PAM, lui qu’une cinquantaine de députés auraient boycotté le 15 avril au moment de faire ses choix quant aux hommes à mener le groupe parlementaire.


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